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Rencontre avec Miegeville à l’occasion de la sortie de son premier EP !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Lionel Pesque

Photo Lionel Pesque

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Matthieu Miegeville et je suis interviewé aujourd’hui pour le groupe qui porte mon nom et dans lequel je chante, j’écris et je co-compose avec des amis talentueux qui travaillent avec moi. Je chante depuis une vingtaine d’années dans divers groupes et je dirais que je suis plutôt issu des musiques dures car j’ai évolué dans des groupes de Rock et de Metal mais au fil des années, j’ai voulu garder un lien avec une écriture sensible. Pour la blague, j’aime dire que je suis la preuve vivante que l’on peut aimer Serge Reggiani et Metallica. A côté de la musique, je suis également auteur de livres et je fais de la poésie.

Pourquoi ne pas avoir tenté l’aventure sous ton nom plus tôt ?

Je pense que pour faire ça, il faut avoir du recul et de l’expérience. J’admire ceux qui arrive à le faire plus jeune de manière apaisée et équilibrée. Pour ma part, il m’a fallu une trajectoire assez longue pour m’assumer. Arriver avec son propre nom, c’est quelque chose et ça a été quelque chose d’important pour moi. C’est Arnaud Barat qui est le compositeur de certains morceaux à la guitare qui m’a dit au bout d’un moment que le projet devait s’appeler Miegeville parce que c’était moi et que c’était évident. C’était un non-choix que de ne pas prendre un patronyme ou un nom de groupe. Je voyais presque quelque chose d’égocentré là-dedans mais finalement non, c’est peut-être un questionnement qui est lié à mon parcours car j’ai toujours chanté à l’intérieur de groupes.

Qu’est-ce qui ressortirait dans ton écriture ? Y-a-t-il une cohésion dans tes textes ?

Ce n’est jamais évident de parler de son propre univers et de son propre style mais ce qui m’est revenu toutefois des gens qui me lisent, que ce soit des chroniqueurs, des médias ou tout simplement le public, c’est qu’il y a une écriture sensible. Je vais peut-être plus parler de choses qui vont gratter les gens à l’intérieur, des fêlures de chacun dont les miennes, je suis beaucoup lié à l’enfance, j’ai beaucoup écrit dessus car c’est là que tout se joue tellement finalement et on met toute une vie après à le comprendre, à le régler et parfois à se battre avec. La cohésion viendrait avant tout de ça.

Photo Lionel Pesque

Photo Lionel Pesque

De quoi parles-tu sur ton premier EP ?

Étrangement, ce premier EP est assez social et même sociétal et cela s’est imposé à moi, même si ce n’était pas voulu au départ et c’est ça qui est bien car c’est à la fin de l’écriture que je me suis rendu compte de la cohérence de tout cela. On retrouve un lien presque politique parfois dans le sens de la chose commune. Je parle notamment des rapports sociaux entre les gens et on retrouve une sorte de questionnement sur la vie sur ce disque. J’ai beaucoup lu Albert Jacquard depuis un an et je pense que cela eu ses effets sur ces questionnements. Tout le monde devrait lire Albert Jacquard !

Comment l’as-tu voulu musicalement parlant ?

Volontairement minimaliste ou soft. Il y avait un choix possible au niveau des guitares et des sons electro afin de faire quelque chose de massif et qui tape ; chose que j’aime bien ; mais le propos était de mettre le texte en avant ainsi que la voix afin de retrouver dans ce que je fais en tant qu’artiste ce que j’apprécie en tant qu’auditeur dans certaines musiques. Ne pas jouer en force permet d’être dans tous les détails. Tout ceci est très riche mais ce n’est ni trop ostentatoire ni trop large.

« 10 Heures 17 » vient d’être mis en images, à quoi fait référence cet horaire ?

« 10H17 » est un parallèle entre des choses intimes et humaines mais elle parle à la base de l’explosion de notre petite usine AZF à Toulouse en 2001. C’est une histoire que tous les Toulousains racontent depuis 17 ans et tout le monde se souvient où il était ce 21 septembre 2001. C’est quelque chose de dramatique, il y a eu énormément de morts et de blessés. On est touché cinq minutes par ce que l’on peut voir à la télé à l’autre bout du monde mais quand ça arrive chez soi, ça fait très très bizarre. J’ai voulu cette chanson à double entrée car chaque phrase peut être lue par le biais sociétal avec cette usine qui explose mais aussi des groupes humains ou des couples qui peuvent exploser également.

© David Poulain https://www.facebook.com/davidpoulainphotographies

© David Poulain https://www.facebook.com/davidpoulainphotographies

Le noir et blanc signifie-t-il que ton univers est plutôt sombre ?

Je mentirais si je disais qu’il prônait le Twerk et le Zouk. Mon univers est forcément un peu sombre mais un photographe avec qui j’ai pu échanger m’a expliqué que dans la photo, le noir et blanc arrive à faire ressortir beaucoup plus de choses émotionnellement parlant que la couleur. C’est un peu comme si la couleur véhiculait trop d’informations et que du coup, nous n’allons pas au fond des choses alors que le noir et blanc libère beaucoup de choses. Par ailleurs, je suis à la fois quelqu’un d’extraverti et de pudique et il y a une pudeur dans le noir et blanc qui me plait bien.

Ton EP s’intitule « Longue Distance », a-t-il vocation à voyager ?

J’espère bien ! Avis à toutes les personnes au fin fond de l’Argentine, du Québec, du Japon ou de l’Australie qui nous liraient, nous venons demain. Cet EP a vocation à voyager mais peut-être dans les limites d’une francophonie dans le sens où une partie de cet univers échappera aux personnes qui ne parlent pas cette langue mais d’un autre côté, j’écoute moi-même des musiques Espagnoles ou Allemandes, je ne comprends pas le sens mais ça me touche aussi. J’ai pas mal voyagé avec mes autres projets et chaque fois, le fait d’être confronté à d’autres cultures est une source énorme d’enrichissement.

Si tu devais dire que ta musique était le reflet de quelque chose, de quoi est-ce que ce serait ?

Je te répondrais tout simplement d’une bonne partie de moi. J’ai envie qu’elle soit la plus humaine et la plus philanthrope possible. Je dirais le reflet de la peau car j’aime bien cette image.

© David Poulain https://www.facebook.com/davidpoulainphotographies

© David Poulain https://www.facebook.com/davidpoulainphotographies

Tu dois avoir plein de textes dans tes tiroirs, penses-tu déjà à la suite ?

Oui, l’album qui sera enregistré en 2019 sera la suite de « Longue Distance ». C’est un bonheur et une excitation de travailler dessus car je peux être le capitaine à l’intérieur de ce projet et laisser libre cours à mes envies et à mes visions.

Quelles sont tes prochaines actualités ?

L’EP vient de sortir. Nous serons en concert le 08 novembre à l’Espace JOB à Toulouse et le 27 novembre à Paris au Supersonic. Ce sont deux villes importantes pour nous. Ensuite, nous enregistrerons l’album qui sortira courant 2019 mais j’ai envie de me laisser le temps afin de travailler avec les bons partenaires pour que ces morceaux trouvent vraiment leur public. Mon troisième livre « Là Où Convergent Les Points Cardinaux » sortira au début de l’hiver.

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