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Partez à la rencontre de Fraissinet avant ses dates Parisiennes !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Benjamin Decoin

Photo Benjamin Decoin

Il me semble que tu ne t’es pas lancé immédiatement dans la musique ; comment es-tu passé du cinéma à la chanson ?

C’est vrai que j’ai commencé par le cinéma et j’y suis arrivé car quand j’étais enfant, je grimpais sur le piano de la maison, je jouais des petites musiques et je me racontais des histoires en même temps. Je m’étais dit que le cinéma était le meilleur moyen de faire le lien entre les histoires et les musiques que je composais. Je suis parti dans des envies de mises en scène et de réalisations tout en faisant les musiques de mes films. C’était toujours indissociable pour moi. J’ai fait une Fac de cinéma et un jour en faisant une musique pour un court-métrage, au lieu de faire un instrumental, j’ai fait une chanson, ce qui était assez impulsif et spontané. Je me suis rendu compte du bonheur que c’était de pouvoir raconter une histoire en très peu de temps avec des mots écrits et non pas des images vues. Cela m’a fait prendre une autre direction, j’ai commencé à faire des petites scènes et je me suis rendu compte de l’importance du live. J’ai aimé cette interaction directe avec public, ce qui existe moins dans le cinéma car une fois que le film est fait, il y a un décalage entre le moment où on le fait et celui où le public le voit alors que sur scène, il y a un lien beaucoup plus fort et vibrant avec ce que le public peut modifier au fur et à mesure. Je n’ai pas pour autant abandonné le cinéma car je réalise les clips de mes chansons. J’avais le projet de faire les musiques de mes films mais pour l’instant, je fais les films de mes musiques.

Comment nous présenterais-tu « Voyeurs » ton nouvel album ?

« Voyeurs » est mon troisième album studio. Je mets à part mes projets de musiques instrumentales voire expérimentales. Je pense que cet album est le plus personnel, voire le plus intime de ma carrière. Tout l’album est axé sur le rapport à l’image et sur notre manière de nous comporter par rapport à l’imagerie à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui. Mon rapport personnel à l’image est très étrange car je ne vois bien que d’un œil. Je te dirais que mon second œil m’a appris l’impressionnisme. Le style musical de ce disque est un peu la suite logique du virage que j’ai pris avec le live. Mes deux albums précédents étaient plus « Chanson » alors que celui-ci est plus Pop et orienté musiques Anglo-Saxonnes car c’est ce que j’écoute. J’ai un attachement énorme aux textes francophones, mais mes inspirations sont plus Anglo-Saxonnes. Je dirais que « Voyeurs » est la réunion de ce qui me tient à cœur dans ce que je fais et de ce que j’écoute.

Photo Benjamin Decoin

Photo Benjamin Decoin

Pourquoi l’avoir baptisé ainsi ?

Ce titre est un peu un constat du rapport que nous avons tous à l’image et à tous les chemins qu’elle peut nous faire prendre mais c’est aussi une tentative d’inciter à mieux regarder ce que l’on ne fait que voir.

De quoi parles-tu dans tes nouveaux titres ?

Je pense que c’est un album qui possède beaucoup de choses tournées vers l’extérieur. « Courants d’Air » avait quelque chose de très enfant alors que « Les Métamorphoses » était beaucoup plus introspectif dans les « profondeurs adolescentes ». Avec « Voyeurs », il y a une implication plus forte dans le monde extérieur, même si ce n’est pas un album engagé. Je dirais que c’est un album qui est beaucoup plus impliqué dans les urgences de notre époque sans être dans le jugement ou la moralisation.

Deux extraits de « Voyeurs » ont déjà été mis en images. Peux-tu nous parler du clip illustrant « Notre Ressemblance » ?

Ce clip a été réalisé par Benjamin Decoin qui a également fait la photo de la pochette de « Voyeurs » et tous les visuels qui accompagnent l’album. Je te dirais que je suis quelqu’un qui aime les histoires qui durent et qui sont justes dans ce qu’elles proposent. Son travail dans la mise en images de l’album m’a beaucoup plu et j’avais envie que ce soit la même personne qui travaille sur ce clip pour garder la même finesse. Je trouve que Benjamin a très bien réussi ce pari. J’aime les images ou les histoires dans lesquelles on peut avoir énormément de lectures différentes, et c’était l’envie dans ce clip car cette chanson a plusieurs sens. Je voulais à la fois une image qui enrichisse cet univers en nourrissant cette idée, sans pour autant figer le sens de la chanson dans une seule interprétation. Il y a une histoire de filiation dans cette chanson et dans le clip. Cela a été retranscrit dans les fils ou dans ce pantin qui devient vivant. Le rapport avec ce double et avec l’image me tenait à cœur, il y a un rapport de ressemblance un peu flou. Je voulais une histoire qui soit un peu narrative mais qui casse en même temps un peu les codes de l’histoire avec un début et avec une fin, afin que le spectateur puisse s’approprier les images.

Photo Benjamin Decoin

Photo Benjamin Decoin

Le public Suisse est-il différent du public Français ?

On me pose souvent la question afin de savoir si le public est différent en Suisse et en France mais je dois avouer que j’ai un peu de mal à faire une dissociation entre les deux car pour moi, il y a très peu de différences. J’ai eu la chance de beaucoup voyager à travers la francophonie pour chanter et jouer et au fur et à mesure de mes déplacements, j’ai eu l’impression que les différences étaient de moins en moins importantes et significatives. Encore plus aujourd’hui, je pense que nous sommes tous des citoyens du monde. Je me produis aussi bien en France qu’en Suisse. Après, tout dépend de la formule, car nous pouvons être cinq sur scène ou deux lors que c’est en acoustique.

Penses-tu alterner albums instrumentaux et albums chantés ?

Les projets que j’ai sont des projets chantés mais j’ai énormément d’inspirations qui me viennent des musiques de films que j’ai beaucoup écoutées. Cela m’arrive de faire des musiques pour des pièces de théâtres par exemple et ce n’est donc pas impossible que je recommence à faire des musiques instrumentales, mais pas forcément sous la forme d’un album ou d’un projet personnel. Je te dirais que ces autres projets sont plus des choses qui me nourrissent et qui restent des « satellites » autour de la chanson.

Composes-tu pour d’autres artistes ?

Cela m’est arrivé mais ce sont également des choses qui viennent ponctuellement en fonction des rencontres et des hasards de la vie. Je suis assez solitaire dans la création, mais j’adore m’imprégner de quelqu’un et m’en inspirer pour écrire quelque chose qui lui va.

Photo Benjamin Decoin

Photo Benjamin Decoin

Quels seraient les artistes que tu appellerais des références ou des influences musicales ?

La toute première énorme référence que j’ai eue a été Tori Amos. Je dirais qu’au-delà d’être une référence, c’est même découvrant sa posture insolite au piano - en rapport direct pour moi avec mes soucis de vue entre clavier, public et micro - que je me suis rendu compte que je pouvais faire de la musique sur scène. Dans l’énergie écorchée et même si j’ai découvert le groupe assez tardivement, je te citerais Noir Désir. Je pense que pour la cohérence dans l’univers et dans la liberté qu’il donnait à ce qu’il faisait, David Bowie a été un modèle d’intégrité dans son expression.

Quels sont tes prochains projets à venir ?

Je serais en concert en duo acoustique à L’Auguste Théâtre les 23,24 et 25 octobre avant de jouer à cinq sur scène au Flow le 28 novembre. La formule à deux permet de faire ressortir les textes et les histoires, mais le côté amplifié et Pop Rock me tient également à cœur. L’album sort en France le 10 novembre mais je suis déjà en train d’écrire le prochain car j’ai du mal à m’arrêter (rires). Nous avons plusieurs envies de prochains clips/singles mais le choix va être difficile car chacun à son titre préféré…Des concerts arrivent en Suisse pour la fin de l’année, puis en France en 2018.

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