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Les Interviews « Dérèglements de Contes », acte II avec Emmanuel Guillon !

Publié le par Steph Musicnation

Les Interviews « Dérèglements de Contes », acte II avec Emmanuel Guillon !

Comment est née ta vocation d’acteur ?

Si je te dis la vérité pure, cela remonte à mes 12 ans quand j’ai vu le film « La Vache et le Prisonnier » à la télé. C’est en voyant ce classique avec Fernandel que j’ai dit à mes parents que je voulais faire comme lui. Ça a commencé ainsi et ça a trotté dans ma tête jusqu’à ce que je rentre dans une compagnie professionnelle à Blois. Je suis resté deux ans et demi dans La Compagnie du Hasard qui était dirigée par Nicolas Pesquine. Après, je suis monté sur Paris comme on dit provincialement parlant mais je suis un vrai provincial et je le revendique.

Avant « Dérèglements de Contes », tu as collaboré à plusieurs reprises avec ton frère Christophe. Est-ce un atout certain que de travailler en famille ?

En ce cas-là, oui car cela permet d’aller vite et nous sommes jumeaux en plus. Quand Christophe me donne une image, je comprends ce qu’il me dit relativement vite. On gagne du temps, c’est certain.

Qu’est-ce qui t’a séduit dans « Dérèglements de Contes » ?

Plusieurs choses ! Tout d’abord, l’écriture car elle est faite pour les comédiens. Christophe donne à chacun sa partition. Pour ma part, j’incarne un personnage clown de la pièce. J’aime bien l’idée de devoir prendre des risques, de ne pas rester planqué derrière un masque et le magicien qui ose me permet ça. « Dérèglements de Contes » est une pièce chorale, nous sommes six sur scène tous ensemble, c’est un véritable ping-pong. Il faut une grande table ! (Rires)

Les Interviews « Dérèglements de Contes », acte II avec Emmanuel Guillon !

Qui incarnes-tu dans la pièce ?

J’incarne la bête et le magicien qui ose. Ce sont deux personnages très dessinés. Le premier qui entre en scène est la bête, c’est un personnage un peu défraichi, ce n’est pas une bête rayonnante dans celle de Jean Cocteau dans « La Belle et la Bête », ce serait plutôt son cousin consanguin (rires) mais c’est ce qui est drôle. Il a pour obsession d’aller chez le coiffeur. Il n’est pas très présentable mais il est sympatoche. J’aime bien ce personnage car il est abracadabrant mais il a aussi une vraie sensibilité et Belle ne s’y trompe pas. Mon second personnage est le magicien qui ose, c’est un personnage que l’on annonce. Il n’a peur de rien, il se trouve super séduisant et drôle alors que c’est un beauf premier. Je pense qu’il correspond à la description que l’on fait de lui et donc le public attend un gros lourd. C’est une parodie des comédiens qui se trouvent très bons, très drôles et tellement spirituels. Mon personnage a arrêté la magie pour devenir comédien car il pense que c’est plus simple puisqu’il n’y a que le texte à apprendre.

Comment nous présenterais-tu cette pièce ?

Quand tu as dit dans ton article sur « Dérèglements de Contes » que c'est une pièce très rock’n’roll pour grands enfants, c’est tout à fait cela. Il y a une part d’enfance que nous avons voulu préserver car nous l’avons encore en nous. Il y a plein de clins d’œil et de lectures différentes dans cette pièce. Les enfants de 12 ans voient la pièce avec leur niveau de lecture alors que des personnes de plus de 80 ans n’auront pas la vision. J’aime le côté branquignol mais très travaillé dans cette pièce qui est une comédie d’apparence simple.

Les Interviews « Dérèglements de Contes », acte II avec Emmanuel Guillon !

Quel est ton passage préféré ?

J’aime quand d’un seul coup le rythme s’accélère et qu’une action en entraine une autre. Le texte est là mais c’est une pièce très physique avec des moments de folie corporelle. J’aime assez la scène où la bête fait l’amour avec la belle et pendant ce temps-là, un serrurier est en train de réparer une serrure. J’aime beaucoup ce décalage entre ce qui se passe à cour et ce qu’on voit à jardin.

Aimerais-tu poursuivre cette aventure sur grand écran ou à la télé ?

Oui que ce soit en film, en téléfilm ou en série puisque nous pourrions retrouver ces personnages dans d’autres situations. Au départ, ils sont très référencés et nous nous sommes amusés à faire péter les codes donc pourquoi pas retrouver ces personnages sur leur canapé le dimanche matin un en train de regarder une émission ou un jeu à la téloche. Il y a un côté vintage dans « Dérèglements de Contes », Christophe a voulu retrouver un peu les années 70 qui étaient des années de libertés, cela nous permet d’en prendre nous sur scène et cela donne un côté joyeux et festif au spectacle. Je pense que j’aimerais voir ce film s’il se fait, il y aurait plein de couleurs, du rythme, ce serait une comédie avec un esprit comme celui de l’équipe Splendid.

Les Interviews « Dérèglements de Contes », acte II avec Emmanuel Guillon !

Aimerais-tu passer toi aussi à l’écriture d’une pièce ?

Nous avions une écriture commune dans Les Innommables quand nous faisions du music-hall mais à l’heure d’aujourd’hui et même si j’ai plein d’idées, je te dirais que j’écris en faisant de la photographie. En dehors de mon métier d’acteur, je fais de la photographie et de la mise en scène mais je ne suis pas attiré plus que cela par l’écriture. J’aime donner des idées mais je ne me vois pas me mettre devant une table durant six heures pour écrire.

Dans quel style de théâtre te sens-tu le plus à l’aise ?

Cela pourrait paraitre prétentieux mais je me sens tout aussi bien à l’aise quand je joue dans « Le Misanthrope » que dans une vraie comédie comme « Dérèglements de Contes ». L’instantané du rire donne des ailes mais je te dirais que je me sens à l’aise quand je n’ai pas l’impression de faire chier le public que ce soit dans un Tchekhov, un Molière ou une pure création comme « Dérèglements de Contes ».

Les Interviews « Dérèglements de Contes », acte II avec Emmanuel Guillon !

Quels sont tes prochains projets ?

Avec mon ami, nous allons monter « L’Homme De Paille » de Feydeau. C’est une pièce novatrice et totalement absurde qui aurait pu être écrite hier. J’ai plusieurs projets au théâtre dont des projets avec Christophe et parmi eux un Ghelderode.

Comment inviterais-tu nos lecteurs à venir découvrir « Dérèglements de Contes » au Trévise ?

Je les inviterais en leur disant que ce n’est pas du café-théâtre et que l’on ne prend pas le public pour des abrutis. Je leur dirais que cette pièce est très généreuse et très bien jouée, nous sommes une équipe qui s'entend très bien et les gens nous disent que cela se ressent sur scène. Cette pièce n’est ni vulgaire ni démago, elle est exigeante et principalement faite pour divertir mais elle fait réfléchir également. Il y a un fond dans « Dérèglements de Contes » qui représente deux ans d’écriture journalière. Cette pièce est intergénérationnelle, elle peut plaire de 12 à 90 ans et je dirais qu’elle est destinée aux personnes généreuses. Plus on est de fous et plus on rit !

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