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Rencontre avec L’Age D’Or un duo Français très prometteur à suivre de près !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Margaux Duroux

Photo Margaux Duroux

Pouvez-vous présenter L’Age D’Or à nos lecteurs ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Valentin : L’Age D’Or a pas loin de 5 ans. C’est un projet que j’ai d’abord monté tout seul quand j’habitais en Angleterre. J’ai eu plusieurs formations Rock et même assez Hard et Punk avant L’Age D’Or. J’ai commencé à faire de la musique électronique tout seul dans ma chambre car j’étais peut-être un peu lassé des formes de groupes traditionnels. Je me suis mis à faire quelque chose de totalement personnel chez moi sans aucune prétention particulière. Pour tout te dire, je pensais que j’allais rester seul. J’ai sorti finalement un premier EP sur un label Anglais après être rentré en France. J’ai très rapidement voulu faire du live et je me suis entouré de Nico qui fait du visuel par je voulais déjà rentrer dans une performance graphique en plus du live. Nous avons eu un batteur puis un claviériste par la suite ; L’Age D’Or est une formation qui a évolué sur 5 ans passant de seul à cinq pour maintenant revenir à deux. Avec Nicolas, nous nous sommes rencontrés grâce à des amis d’amis d’école lors d’une soirée. J’ai fait une formation d’ingénieur du son et Nicolas était à la FAC en ciné.

Nicolas : Je viens d’Aurillac et je suis monté sur Paris pour faire des études en cinéma à la base et après en arts contemporains et design. Avant notre rencontre, un ami m’avait parlé de Valentin et j’aimais déjà son style musical. Nous avons collaboré ensemble pour la première fois pour une date qu’il avait en Angleterre. Au sein de L’Age D’Or, je pose des visuels pour le live que nous pensons comme une expérience à part entière.

Pourquoi L’Age D’Or ?

V : Pour nous, cela évoque plein de choses et ce qui nous plait aussi est le fait que les gens peuvent identifier eux aussi différentes choses que ce soit la période mythologique, le film de Dali et Bunuel, … Pour le coup, je chargeais un nom, j’étais sur Itunes et je suis tombé sur une chanson percutante et dingue intitulée « L’Age D’Or ». Ce nom nous évoque des choses et il est catchy.

Photo Margaux Duroux

Photo Margaux Duroux

Comment décrirez-vous l’univers musical de L’Age D’Or qui ne peut être réduit au simple terme de musique électronique ?

V : Justement, j’ai l’impression que ce n’est évident pour les auditeurs de nous cataloguer mais cela est surement dû au fait que nous ne cherchons pas à être dans une mouvance particulière. Nous avons tous les deux énormément d’influences diverses et variées. Nous sommes amateurs de musique électronique mais au sens large du terme et nous aimons la musique Pop. Je te dirais que notre univers est mélodique, toujours sombre, texturé et complexe au niveau rythmique. C’est de la musique électronique un petit peu barrée mais avec quelque chose d’émotionnel où l’on essaye de raconter des histoires.

« Shades Of Us » votre premier album arrive après plusieurs EPS. Etait-ce un parcours nécessaire pour trouver votre identité musicale ?

V : Oui, totalement. L’album était une volonté de faire pour la première fois quelque chose de long et de complet sachant que dans l’industrie du disque, ce n’est plus évident maintenant. Les gens ont une manière très dématérialisée de consommer de la musique en piochant à droite à gauche pour faire des playlists. Les premiers EPS ont servi d’expérimentation dans différents styles et l’album est une certaine digestion de tout ce que nous avons fait. On ne se donne aucune limite et je pense que nous irons plus loin et que nous expérimenterons encore de nouvelles choses.

Quel a été votre souhait principal pour ce premier pas discographique en LP ?

V : Je pense que nous l’avons fait vraiment pour nous. Nous nous sommes mis de nouveaux objectifs. J’ai fait ce disque, seul en studio et Nico a bossé sur toute la conception graphique que ce soit la conception des lives en amont, la pochette ou les clips. Nous avons essayé de concevoir « Shades Of Us » vraiment tous les deux et nous avons cherché à garder une unité.

Artwork : Florian Solin

Artwork : Florian Solin

Que raconte L’Age D’Or sur « Shades Of Us » ? Etait-ce une évidence d’avoir des morceaux chantés ?

V : Je ne considère comme un chanteur à part entière mais l’intérêt du chant est de raconter des choses. Je suis un servant partisan de l’Autotune que j’aime stylistiquement parlant car je ne suis pas dans une vision rétrograde de la musique. C’est la première fois que nous proposons quelque chose de beaucoup moins introspectif sur « Shades Of Us ». Avant, je parlais plus de ma vie, de choses plus personnelles mais « Shades Of Us » est plus universel. Je pense qu’il y avait un contexte politique et mondial qui donnait envie de dépeindre le monde dans lequel nous vivons. Dans cet album, je traite majoritairement de nos rapports à la religion, à la pauvreté et à l’autorité. Dans ce disque, c’est un peu le rapport des personnes avec leur inverse.

Si vous aviez à faire passer un message à travers votre musique, quel serait-il ?

V : Nous n’essayons pas de faire passer un message car nous ne sommes pas des donneurs de leçons. Nous donnons notre vision des choses et on invite les gens à rentrer dans notre univers afin de partager des émotions. Nous ne sommes pas dans des messages universels, cela reste des points de vue et donc chacun peut en faire sa libre interprétation.

N : C’est une direction personnelle entre nous deux, on propose quelque chose aux gens mais nous n’essayons pas de leur dire comment penser.

Photo Margaux Duroux

Photo Margaux Duroux

Il me semble que l’image est très importante dans votre projet musical. Pouvez-vous nous en dire plus et notamment nous parler du clip de « Saviour » ?

N : Pour cet album, nous voulions une direction artistique qui vienne de nous deux que ce soit pour le son ou l’image. Nous voulions avoir des confrontations sur cet album comme sur scène. Pour le clip de « Saviour » qui a été tourné à côté d’Evreux, j’avais envie de défendre un point de vue un peu malsain en trouvant quelque chose de beau dans la violence et en faisant ressentir de l’empathie pour un personnage totalement horrible. Dans ce clip, on subit cette violence mais on en vient à presque l’aimer car sinon le clip ne serait pas là.

Peut-on imaginer que « Shades Of Us » soit totalement mis en images afin de raconter un scénario ?

N : Nous avons pensé à une sorte de triptyque par rapport au clip de « Saviour » avec un prologue, un élément narratif et un épilogue ; cela reste une possibilité. Même si je pense qu’il y aura toujours un rapport entre chaque clip sur la thématique, nous sommes passés sur des façons de produire et de penser qui ne sont pas en série.

V : Ce n’est pas la première fois que l’on nous demande s’il y aura un début ou une suite. Ce n’est pas exclu mais d’un point de vue purement promotionnel, nous voulons montrer toutes les facettes de l’album et donc expérimenter d’autres univers vidéo.

Quelles sont les références musicales de chacun ?

V : Mes références sont majoritairement signées sur le label Warp Records en Angleterre, je citerais notamment Clark que j’aime énormément. Je viens aussi du Post Punk, j’aime la musique un peu dark des années 80. Le Danois Trentemoller m’inspire aussi beaucoup. On écoute pas mal de Pop et de Hip Hop Américain.

N : Nous partageons pas mal d’influences communes, je rajouterais Lorn dont je suis très fan mais aussi John Hopkins, certaines signatures du label InFiné et du classique comme Philippe Glass.

Rencontre avec L’Age D’Or un duo Français très prometteur à suivre de près !

Quel serait « le public » de L’Age D’Or ?

V : Je pense que c’est un public mixte constitué de gens qui voudraient s’affranchir des codes de la musique électronique actuelle. Nous nous considérons dans la mouvance de la musique électronique mais nous nous désolidarisons de manière assez volontaire de la scène Techno et de la scène Club. Nous voulons casser les barrières des genres et donc je pense que notre public est un public ouvert et prêt à découvrir des choses.

N : Pour te raconter une anecdote afin que tu te rendes compte du public présent à nos concerts, je te parlerais d’un concert à Lyon où les gens écoutaient aussi bien la musique qu’ils regardaient les images. Nous ne savions pas s’ils écoutaient seulement ou s’ils regardaient seulement. J’adore cette idée d’avoir un public qui communique et qui vit sa propre expérience.

Quels sont vos prochains projets ?

V : Nous serons en concert ce soir au Point Ephémère pour notre release party. L’objectif est de tourner un maximum de préférence en France mais à l’étranger aussi. Nous avons deux projets de clips qui devraient sortir à la rentrée. De manière plus large, Nico et moi sommes attirés par l’art contemporain alors pourquoi pas essayer de monter également une facette plus expérimentale de L’Age D’Or. Quitte à casser les styles, autant casser également le concept de la salle de concert !

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