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La chanteuse Jil Caplan vous présente son nouvel album baptisé « Imparfaite » !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Christophe Crénel

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Comment nous présenteriez-vous votre nouvel album intitulé « Imparfaite » ?

Je le présenterais comme un album léger et profond. Léger ne veut pas dire facile et profond ne veut pas dire lourd et emmerdant. Je trouve qu’il y a une légèreté et une grâce dans la musique, dans les mélodies et dans les arrangements et il y a une profondeur dans les textes. Cet album est Swing également car c’est le maitre mot d’ « Imparfaite ».

Pourquoi avoir attendu 10 ans pour donner une suite à « Derrière La Porte » ?

Tout simplement car je n’avais rien à dire dans la musique. Parfois, on a envie de faire d’autres choses.

Photo Christophe Crénel

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On vous retrouve dans un registre Jazz/Swing. Aviez-vous depuis longtemps envie d’explorer ce genre musical ?

J’ai toujours adoré les chanteuses de Jazz et elles ont toujours été mes chanteuses préférées. Je pense à Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Nina Simone ou récemment à Madeleine Peyroux ou Norah Jones. A part deux ou trois ovnis dans la chanson Française comme Véronique Sanson, je trouve que les plus belles chanteuses sont celles qui font du Jazz, ce sont elles qui ont le plus d’émotions à partager. Delà à se dire soi-même que l’on est une chanteuse de Jazz…C’est quand même un registre particulier qui nécessite une certaine technique que je n’avais pas forcément. En chantant les chansons de Romane, cela a été un petit défi que je me lançais à moi-même et je me suis rendue compte que j’aimais ça. Ce sont des mélodies très riches et porteuses qui sont hyper agréables à chanter.

Le défi que vous avez relevé a été de faire un album de chansons originales et non un album d’adaptations en Français de standards Américains ou de reprises…

Cela ne m’aurait pas intéressée et cela aurait été prétentieux de ma part. Je n’avais pas l’intention de me comparer délibérément aux grandes chanteuses. « Imparfaite » est un album de Jazz mais avec des arrangements assez Pop quand même car je voulais faire coïncider le côté trio de Jazz et le côté Pop de Jean-Christophe Urbain. Je voulais faire un crossover entre le monde de Romane et le mien.

Photo Christophe Crénel

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Vous signez tous les textes de ce nouvel album. Quels sont les thèmes que vous abordez sur ce disque ?

Les thèmes sont l’amour, le désamour, la perte, comment les choses se font et comment elles se défont. Ce n’est pas un album de certitudes mais d’interrogations. L’album commence par une question Est-ce que tu m’aimes ? C’est une question un peu existentielle pour pouvoir se centrer soi-même sur son propre amour et sur l’amour de l’autre. Le fil se déroule durant tout le disque et à la fin, je pose une autre question ouverte De quel amour sont faits les hommes ?et effectivement, on peut se le demander parfois. Daniel Darc posait la question Quelle est la taille de mon âme ?, ce qui est une très bonne question aussi, moi je me demande de quel amour sont faits les hommes, ça peut être à peu près la même chose.

Pouvez-vous nous expliciter le titre de votre album et nous parler également de sa pochette ?

Le titre est une façon de faire la paix avec soi-même et avec ce que l’on n’a pas réussi à faire. D’ailleurs, le mot pas réussi n’est pas le bon mot car pour moi, la réussite est autant une somme d’échecs, d’erreurs et de faux départs. Ce qui compte est la volonté de continuer, de transformer cette chose que l’on n’a pas réussi à faire car on réussira la prochaine fois. J’ai une carrière qui témoigne de cela. J’ai fait huit albums, ce n’est pas mal mais ce n’est pas énorme non plus, j’ai eu des silences, des absences, des albums qui ont eu plus ou moins de succès, « Imparfaite » témoigne de ça mais aussi du temps qui passe sur soi et sur les autres. C’est une façon de faire la paix avec tout cela et de dire que ce n’est pas très grave, soyons élégants et gracieux avec cela et mettons du sourire sur tout cela car quoi qu’il arrive, ça se termine toujours au même endroit pour tout le monde. Il y a de la raideur dans la perfection alors que l’imperfection est beaucoup plus souple. La pochette est un dessin que j’ai fait très rapidement et je ne l’ai pas du tout fait dans cette intention-là. Ce sont les gens de mon label qui aimaient bien ce dessin avec ce trait rapide qui allait avec cette imperfection et ce côté véritable des choses que j’ai essayé d’exprimer dans le disque. C’était plus original qu’une photo.

Photo Christophe Crénel

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Le clip illustrant « Nos Chevaux Sauvages » est-il un clin d’œil aux sixties ?

C’est même plus un clin d’œil aux fifties car dans les années 50, ils travaillaient beaucoup avec des transparents et des surimpressions d’images. Il y a une référence évidente au cinéma Hollywoodien avec un esthétisme évident. Je suis dans la voiture de James Dean et l’acteur qui joue dans le clip est lui dans celle de Grace Kelly. Gros clin d’œil au cinéma Américain.

Comment vous sentiez-vous au sortir de scène au Café De La Danse qui affichait complet et qui signait vos retrouvailles avec votre public ?

J’étais comme ivre, c’est comme si j’avais bu trop de champagne. Ce qui était formidable avec ce Café De La Danse qui affichait complet était qu’il était complet, ce qui est déjà bien mais surtout qu’il le soit une semaine avant la sortie de l’album et ça, c’est quelque chose qui m’a fait très plaisir. J’ai vu que les gens qui aiment mes disques sont là, que le lien est toujours très fort, que l’amour est toujours intact. Après 10 ans de silence, on se dit que les gens passent à autre chose et qu’ils vous oublient et bien non. Il y avait 500 personnes qui étaient extrêmement là tout comme moi et j’en ai été très touchée.

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Comment nous présenteriez-vous vos deux complices Romane et Jean-Christophe sur « Imparfaite » ?

C’est très compliqué de vous parler de Jean-Christophe car c’est quelqu’un que je connais depuis très longtemps. Nous nous sommes rencontrés en 1988. C’est quelqu’un d’hyper important dans ma vie. Je vous dirais que c’est quelqu’un qui rêve et qui très exigent avec la musique. Jean-Christophe et Romane ont une vraie passion pour la musique. Je dirais que ce sont deux très beaux artisans et artistes dans le sens noble du terme. Romane a un physique qui donne l’impression qu’il sort d’un film de Melville ou de Lautner. Il a un côté personnage de film très sixties, complètement hors du temps et c’est quelque chose que j’adore. Je dirais que Jean-Christophe a un côté plus solaire et plus Brésilien que Romane (rires).

Il y a également deux duos sur votre disque avec Thomas Dutronc et Benjamin Biolay. Comment sont-ils nés ?

Pour Thomas, ce n’était pas très compliqué car il a été l’élève de Romane quand il a commencé à s’intéresser au Jazz Manouche, il jouait déjà très bien de la guitare et il a voulu se spécialiser. J’avais l’idée d’un duo assez drôle avec de la dérision et cela a été comme une évidence de le partager avec Thomas. J’avais rencontré Benjamin sur son premier album mais c’est vraiment autour de la mort d’Hubert Mounier que nous nous sommes retrouvés. J’ai beaucoup d’admiration pour ce que fait Benjamin. Ce sont deux vrais artistes, chacun dans leur gamme qu’ils maitrisent parfaitement. Ce deuxième duo que je dédie à Hubert qui était un peu un maître pour Benjamin et qui était l’un de mes très bons amis est plus tourné sur l’affect.

Photo Christophe Crénel

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Avez-vous mis de côté le théâtre et les poèmes pour vous consacrer de nouveau pleinement à la musique ?

Le théâtre a été très important pour moi durant ces dix années de pause dans la musique. Je serais cet été à Avignon dans « Jusqu’à La Fin Du Monde » de Jean-Luc Lagarce. Au même titre que d’écrire ces textes libres, le théâtre m’a ouvert un espace de liberté. Je pense que j’avais besoin d’air et de sortir du format du disque. En y revenant, je me suis rendue compte à quel point cela m’avait manqué, que j’aimais ça et à quel point je savais le faire. La musique est mon métier, ma passion et mon savoir-faire.

Quels sont les prochains projets autour d’ « Imparfaite » ?

Une tournée est en train de se construire, je serais présente aux Francofolies le 16 juillet, au Bruxelles Summer Festival en août et en concert au Trianon le 28 septembre. Le prochain single devrait être « En Attendant Que Tu Reviennes » et le clip devrait être tourné dans les prochains jours.

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