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Rencontre avec Matila Malliarakis à l’affiche d’« Anquetil Tout Seul » !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Hexagone

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Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je me prénomme Matila Malliarakis, je suis comédien et à côté de cela, je suis directeur artistique d’une équipe qui s’appelle « Les Cabarettistes ». Je me plais à raconter des histoires avec quelques autres petits outils du théâtre, du cinéma et de la chanson. Je te dirais que je suis originaire de beaucoup d’endroits différents. Je suis aussi bien originaire de l’île de Kassos en Grèce que de Vannes en Bretagne que du lieu-dit Papoun en Ariège.

As-tu toujours évolué en tant que comédien ?

Non, parfois, j’ai stagné aussi en tant que comédien (rires). Pour répondre à ta question, j’ai toujours fait ce métier. Quand j’étais enfant, je voulais être photo-reporter mais quand j’ai commencé à faire du théâtre à 11 ans à l’école, j’ai pris plaisir à faire cela. J’avais toujours réussi à éviter les spectacles de fin d’année mais cette première expérience à 11 ans ne m’a pas déplu et j’ai continué en tant qu’amateur. « Amateur » du verbe aimer. J’ai monté une compagnie avec des amis et nous avons monté des spectacles tout au long de notre scolarité et c’est à l’âge de 17 ans que j’ai commencé à travailler professionnellement. Entre mes débuts et aujourd’hui, je n’ai jamais vraiment eu ce que l’on appelle des périodes de creux. Quand j’ai fait mes études au conservatoire national de Paris, je ne pouvais pas tout faire en même temps et j’ai donc pris un peu de recul durant 3 ans. En réalisant mon métier de comédien j'ai le sentiment de ne pas avoir complètement oublié mon envie d'enfant d'être un reporter des choses de la vie, simplement je n'utilise pas la photographie.

Photo Hexagone

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Peux-tu nous donner la signification de ton prénom ?

Matila est l’équivalent de Mathieu en Français. Mes parents étaient assez férus de Matila Ghyka qui était entre autres poète, romancier, mathématicien, avocat et ministre Roumain. J’ai lu son livre « Le Nombre D’Or » qui exprime l’harmonie des proportions dans l'architecture mais également dans la littérature, la nature, partout... Je me souviens que l'ouvrage était préfacé par Valery. Si mes souvenirs sont bons, Matila a pour signification ange venu du ciel. Maintenant, il m'est nécessaire de me retrousser les manches pour faire mes humanités !

Cinéma, TV, théâtre ; quels sont les avantages et les inconvénients selon toi de ces trois moyens d’expression de ton art ?

Ils sont assez différents. Au cinéma et à la télévision il y a un chaud et froid constant qu'il faut apprivoiser alors qu’au théâtre, on a froid et la chaleur monte progressivement. Au théâtre, on peut corriger les choses en direct si l'on sent que le spectacle part dans une direction qui n’est pas celle que nous avions décidée en répétition avec le metteur en scène alors qu’au cinéma, ce n’est pas nous qui agissons sur l'histoire. C'est le monteur. Toute la partie technique d'un film compte énormément. Dans « Anquetil Tout Seul », la partie technique compte également beaucoup, la musique, la vidéo, la lumière, l’amplification, sont de véritables partenaires de jeu.

Rencontre avec Matila Malliarakis à l’affiche d’« Anquetil Tout Seul » !

Tu es actuellement à l’affiche d’« Anquetil Tout Seul ». Comment nous présenterais-tu cette adaptation de Roland Guenoun ?

Je présenterais cette adaptation comme un spectacle éminemment libertaire sans lui étiqueter forcément une étiquette anarchiste comme on l’entend mais il y a un vent, un esprit de liberté énorme dedans. Je crois que Brassens disait que pour être hors la loi il fallait marchait dans les clous ou bien rouler, je ne sais plus. Finalement, ce n’est pas un spectacle uniquement sur Jacques Anquetil. Bien entendu nous parlons de cyclisme mais aussi, d'une certaine manière, de deux enfants qui ont aimé cet homme et son style, je veux parler de Paul Fournel (l'auteur) et de Roland Guenoun (l'adaptateur et le metteur en scène). On traite de tous les sujets que vont véhiculer le vélo, les Trente Glorieuses, le dopage, l'argent, la douleur, j'en passe des vertes et des pas mûres. Tout cela est prétexte à parler de liberté et de volonté peut-être.

Connaissais-tu le cycliste avant de l’interpréter ?

Un petit peu car mon père a aimé Jacques Anquetil donc nous avons dû en parler quand j’étais enfant et il m’avait emmené une fois sur le Tour de France. Lorsque le livre de Paul est sorti en 2012, je l’ai acheté pour l’offrir à mon père mais je l’ai lu avant, histoire de savoir ce que j'étais entrain d'offrir.

Photo Léonard

Photo Léonard

Comment t’es-tu préparé au rôle aussi bien pour rentrer dans le personnage que physiquement ?

J’ai regardé des documentaires, lu des ouvrages dont le très beau livre de Sophie Anquetil « Pour l'amour de Jacques », et d'autres encore de Paul qui traitent de vélo et de sport, je pense notamment à « Méli-Vélo », « Besoin de vélo », « Les Athlètes dans leur têtes », ainsi que certains qui ne parlent pas du tout de vélo « Un homme regarde une femme » par exemple, c'est à tomber. Je fais du vélo et je me fais des petits contre la montre dans Paris en me mangeant de l’hydrocarbure par la même occasion. Je n’ai pas suivi un entrainement physique particulier et j’ai trouvé mon rythme durant les répétitions afin que les mots ne soient pas empreints de l’effort physique. Je gère cela constamment, jamais je ne laisse l’effort physique dépasser le jeu. Il y a un vrai effort physique sur scène car j’ai le plus grand braquet sur le vélo mais je suis comédien et pas cycliste à la différence de Jacques Anquetil qui était cycliste et pas comédien (rires).

Dirais-tu que Jacques Anquetil était en avance sur son temps par rapport à son tempérament avec le public et les médias ?

En avance sur son temps au sens propre, oui, car il a toujours essayé de faire mieux que lui-même dans toutes ses courses contre la montre. Il se courait après et se fuyait. (rires). Je pense qu’il était très au fait de son époque. Il savait que pour atteindre un certain niveau social auquel il aspirait, il fallait avoir de l’argent alors du coup il a fait du vélo et il gagnait. Mais il a aussi été entrepreneur par la suite, il avait des fermes et des ouvriers. Ce n’était pas un petit bourgeois, il a su rester ce qu’il a toujours été, un homme qui aimait la terre et les étoiles. Le vélo, c’était son travail, ce n'était pas lui. Je ne saurais dire s’il était en avance sur son temps mais en tout cas, il était très à l’heure sur son époque et dans la vie, il était très ponctuel, 17h58 ce n'était pas 17h57 ! A ma différence à moi (rires).

Photo Léonard

Photo Léonard

Que mettrais-tu en avant dans « Anquetil Tout Seul » ?

Je mettrais en avant une volonté de vivre comme on l’entend et de ne jamais déroger à ses envies. Ce n’est pas de la royauté, c’est aller vers ce dont on a envie en s’en donnant les moyens. Je dirais également le fait que ce soit une équipe. Pendant un moment, c’est d’abord Jacques Anquetil tout seul mais dès le premier Tour de France, c’est Janine et Jacques Anquetil, ils forment un duo très tôt, dès mai 1958. Il imposera Janine dans le peloton. Elle s’occupait de tout. C'était son manager. C'est le début de la tribu Anquetil. Par la suite, Raphael Geminiani arrive et ils vont former ce trio du « grand banditisme » avec brio, des années 60.

Tu n’es pas seul sur scène ; qui sont tes partenaires ?

Je suis accompagné de Clémentine Lebocey qui joue Janine Anquetil ainsi que Annie et Sophie et de Stéphane Olivié Bisson qui joue Le Narrateur, Raymond Poulidor, Anatole Novak et bien d'autres encore ! J’ai rencontré Stéphane grâce à ce spectacle, je le connaissais de par ses mises en scène mais je ne l’avais pas vu en tant qu’acteur. Je trouve que c’est quelqu’un de très fin. C’est un vrai faux intellectuel qui pense avec son corps. C’est un vrai plaisir de travailler avec cet homme car on peut tout se dire. Il y a un vrai plaisir du travail bien fait tout comme avec Clémentine. Je connais Clémentine depuis 4 ans, on s’est rencontrés au Jeune Théâtre National dans lequel nous faisons partie d’un comité de lecteurs. Nous appartenons tous les deux aux Cabarettistes, avec lesquels nous avons monté trois spectacles depuis 2014 et nous travaillons sur un festival pour le début de l’année 2017. Lorsque Roland m’a parlé de ce projet-là, il cherchait une comédienne pour interpréter Janine et Clémentine m'est apparue comme une évidence. Il y a une certaine ressemblance physique mais ce n’est pas ce qui m’est venu à l’esprit en premier, Clémentine est une véritable ouvrière des histoires, elle aime raconter des histoires, cherche et trouver les chemins. Ce spectacle est pluriel mais il est singulier et on s’est tous retrouvés dedans. C’est un bonheur de travailler avec ces partenaires-là et je dirais qu’on s’est toujours serré les coudes.

Photo Marco Cravero

Photo Marco Cravero

Avez-vous eu un retour de la famille du champion disparu en 1987 ?

Oui, Janine est venue voir la première du spectacle. Elle était contente mais ce n’est pas quelqu’un qui vit dans le passé, c’est son histoire mais maintenant, elle vit d’autres histoires. C’est une fille de 86 ans qui a une gouaille magnifique. Elle m’a dit que j’avais un peu de Jacques et un peu de moi. C’est l'un des plus beaux compliments car cela vient d’elle mais aussi parce je ne cherche pas le mimétisme.

As-tu d’autres projets cinématographiques ou théâtraux en parallèle dans les prochains mois ?

Je vais refaire un film avec un réalisateur avec lequel j’ai déjà travaillé dans les mois à venir Eric Cherrière. Avec Clémentine Lebocey et tous les membres des Cabarettistes, nous allons créer le Festival Au Temps Pour Nous au Théâtre de L’Opprimé du 05 au 15 janvier. C’est un festival pluridisciplinaire qui mélangera des artistes (Denis Guénoun, Léon Bonnaffé), des scientifiques (Etienne Klein) et des spectateurs qui pourront être partie prenante s’ils le souhaitent. Nous allons emmener les gens à se poser des questions et à rire autour de la notion du temps qui passe. Nous présenterons durant ces dix jours les trois spectacles que nous avons montés et qui traitent des cabarets de la rive gauche et de la chanson. Je travaille activement sur cet événement en parallèle d’« Anquetil Tout Seul » qui est à l’affiche jusqu’au 13 novembre et la tournée est en préparation pour la rentrée prochaine.

Photo des Cabarettistes Flavie Girbal

Photo des Cabarettistes Flavie Girbal

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