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Rencontre avec la comédienne Gabrielle Lazure afin de parler musique et cinéma !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Jeremy Jakubowicz

Photo Jeremy Jakubowicz

Comment nous présenteriez-vous la chanson « Tu Les Aimes Toutes…Sauf Moi » ?


C’est une chanson qui a été utilisée pour le générique d’un court-métrage qui s’intitule « Marie Madeleine ». Steve Catieau qui en est l’auteur avait écrit ce texte avant de réaliser ce film mais le texte correspondait bien au personnage que j’interprète et qui est une femme qui ne va pas bien du tout, elle est à la limite de la dépression. Cette chanson pourrait être son histoire. Enregistrer cette chanson a été une belle aventure. J’avais déjà entendu parler de Léonard Lasry qui en est le compositeur et c’était sympa de travailler ensemble. Léonard a l’habitude de travailler avec les chanteuses et les non-chanteuses. Il sait manier les voix. J’avais déjà chanté auparavant mais ma voix est plus proche de la voix parlée, mon interprétation a quelque chose de l’ordre de l’intime je dirais.

Photo Franck Laguilliez-Arrondeau

Photo Franck Laguilliez-Arrondeau

Pouvez-vous nous parler du court-métrage « Marie Madeleine » ?


C’est un court-métrage qui est en cours de diffusion dans des festivals comme par exemple à Miami ou à Toronto et nous allons le montrer cet été à Saint Jean De Maurienne en Savoie au cours d’un festival dont je suis la marraine. Il y a une rencontre qui va se produire dans ce film. J’interprète le rôle d’une femme qui est à bout et qui vit seule chez elle avec son chat. Quelque chose va basculer dans sa vie car un jeune homme sonne à sa porte et elle va le laisser rentrer…Il va se produire des choses inattendues et on découvre même des choses sur elle à la fin du film. « Marie Madeleine » est la rencontre de deux solitudes car le jeune homme est lui aussi assez seul. Il y a du suspens et c’est un très joli rôle où il y a plein de choses à jouer. Cette femme est désespérée au départ et puis elle reprend espoir.

photogramme tiré de Marie Madeleine film court de Steve Catieau

photogramme tiré de Marie Madeleine film court de Steve Catieau

Pouvez-vous nous en dire plus sur le festival ARVI ?


C’est un festival de théâtre dont je suis marraine et qui va avoir lieu cet été du 14 au 17 juillet à Saint Jean De Maurienne en Savoie.
https://www.facebook.com/arvifestival/?fref=ts
ARVI symbolise les arts vivants mais c’est aussi une expression dans cette région. Dans le langage local, arvi veut dire bonjour. Plusieurs spectacles vont être présentés dont un dans lequel je joue, « Des Hommes En Trop » de Philippe Terrier-Hermann qui n’a été joué jusqu’alors qu’une fois au Centre Pompidou. Ce spectacle a été coécrit avec le sociologue Smaïn Laacher. Ils se sont basés sur des histoires vraies de migrants et ce sont des jeunes acteurs qui les interprètent. Nous, les dames, nous sommes comme en Skype avec eux, c’est comme si nous les auditionnions pour savoir s’ils vont réussir à avoir le statut de réfugiés et les films de ces acteurs sont projetés pendant ce temps-là. « Marie Madeleine » sera également projeté durant le festival.


Pourquoi avoir attendu si longtemps pour revenir à la musique ?

En partie car je suis devenue maman et que ma fille a aujourd’hui 16 ans et puis parce que le monde de la musique est devenu plus compliqué qu’à l’époque de la sortie de mon album en 1990. Au moment de la parution de mon disque, j’ai pu faire une tournée de 25 dates et j’aurais pu refaire un disque après mais c’était compliqué car les choses commençaient à changer dans le paysage audiovisuel et dans la musique. Aujourd’hui, je pense qu’un musicien vit plus par le live et à l’époque, je préférais passer mes soirées avec ma fille. La musique nécessitait une disponibilité que je n’étais pas prête à avoir. Quand Steve m’a proposé d’enregistrer « Tu Les Aimes Toutes…Sauf Moi », j’ai bien voulu essayer. Cela faisait longtemps que je n’avais pas chanté même si j’avais fait quelques maquettes et un duo rigolo avec Lord Kossity.


Un nouvel album est-il envisageable ?

Si quelqu’un me le propose pourquoi pas mais je pense que ce n’est pas du tout réaliste ou par exemple dans le cadre d’une compilation d’actrices qui chantent. La toute première chanson que j’ai enregistrée était d’ailleurs dans le cadre d’une compilation de ce genre. J’ai eu plusieurs aventures musicales mais de là à aller refaire un album…Je reste ouverte car j’adore la musique.

Photo Julia Alethea Etedi

Photo Julia Alethea Etedi

Vous préparez actuellement un seul en scène baptisé « Majorette » ; pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est un seul en scène tiré de ma vie et principalement de mon adolescence. Cela fait une trentaine d’années que je raconte aux gens des aventures qui ont pu m’arriver à cette période-là et ça les fait beaucoup rire. Alors qu’un soir j’en racontais à Steve et au jeune acteur, Lionel Lingelser, qui m’accompagne dans « Marie Madeleine », il m’a dit que je devrais en faire un spectacle. Comme je n’ai pas trop changée, cela permet aux personnes de se projeter. Nous avons écrit ce spectacle avec Steve, et nous cherchons le metteur en scène et la production car j’ai envie de le présenter de manière qualitative et professionnelle. Il y a une vraie structure, ce n'est pas simplement une série d'anecdotes. Il sera principalement en Français mais avec des petits bouts en Américain et en Québécois en référence à ma culture mais pas trop d’Anglais pour que le public puisse comprendre sans sous-titre.


Votre cœur a-t-il toujours balancé entre musique et cinéma ?


J’ai toujours aimé la musique en effet et quand j’ai enregistré cette fameuse première chanson, "A Children's Tale" tirée du film avec Robert Mitchum "Night of the Hunter" cela correspondait à mes débuts en tant que comédienne. Le producteur faisait beaucoup de compilations et celle-ci était autour du cinéma.
Il cherchait une jeune actrice et un ami m’a suggéré à lui. Puis j’ai joué avec Jacques Dutronc et le compositeur Gabriel Yared dans le film « Sarah » qui est sorti en 1983 et j’ai été fasciné par ce compositeur que j’ai pu voir travailler et c’est lui qui m’a un peu donné envie de faire de la musique. Il m’a conseillé de prendre des cours et d’apprendre la musique. J’ai pris des cours de chant de piano et j’ai fait mes premières maquettes avec Gabriel Yared. J’avais deux chansons sur la bande originale du film « Last Song » qui est sorti en 1987. Malgré ces différentes aventures musicales au fil du temps, je n’ai jamais vraiment songé à faire une vraie carrière de chanteuse.

Photo Jeremy Jakubowicz

Photo Jeremy Jakubowicz

Vous n’auriez pas été artiste, quelle voie auriez-vous pu suivre ?


Plus jeune, j’avais envie d’être médecin. Mes parents étaient psychologue et pédopsychiatre. La psychologie m’intéressait mais je me suis rendue compte que les études étaient très longues et comme je voulais aller étudier aux Etats-Unis, ça coûtait très cher et à Montréal, ça prenait beaucoup trop d’années. En parallèle à mes études, je travaillais un peu comme mannequin et j’avais même pris des cours de théâtre à l’âge de 11/12 ans. J’ai pu vivre une expérience scénique grâce à mon professeur qui avait fait appel à moi dans un spectacle adulte où j’étais la seule enfant. J’ai toujours été cinéphile, j’allais voir tous les films d’auteurs Européens et je pense qu’il y a toujours eu une ouverture vers le cinéma. J’ai toujours beaucoup aimé la photographie également et je dois dire que tous les arts m’intéressent.


Qu’est-ce qui vous séduit principalement dans un film ?

C’est un ensemble de choses. Le premier critère est que cela me touche et que j’y crois, ce qui me permet de rentrer dans l'histoire. J’aime bien les choses qui se rapprochent de la vie et dans lesquelles on peut plonger. Je suis sensible à l’esthétisme dans un film et en tant que comédien, on regarde toujours le jeu des acteurs. Le plus beau compliment que l’on puisse me faire serait que l’on y croit et que l’on puisse se projeter dans le personnage.

Qu’est-ce que « La Robe Bleue » ?

« La Robe Bleue » est un film Russo/Ukrainien du réalisateur Igor Minaev qui a compilé en long métrage des courts-métrages qu’il avait tourné étant jeune en Russie et qui n’étaient jamais sortis dans les salles en France. Autour de ces trois films, il a construit un fil conducteur avec l’histoire d’un jeune homme confronté à la mort de sa mère.


Quel rôle y jouez-vous ?


Je rôle le rôle d’Anna, elle est Russe et elle est muette. Elle s’est enfermée dans un mutisme tout comme dans une dépression. Je n’avais pas de problème avec l’accent puisque je ne parlais pas (rires). Nous l’avons déjà montré dans quelques festivals mais je n’ai pas de date de sortie précise en France à vous communiquer.

Photo Lou Sarda

Photo Lou Sarda

Avez-vous d’autres projets en parallèle ?


Je fais une apparition dans le film « Malgré La Nuit » de Philippe Grandrieux qui est sorti le 06 juillet, c’est une apparition un peu particulière… Je viens de tourner dans un court-métrage réalisé par Delphine Berger qui s’appelle « Max et Ses Filles », d'après le roman de Tonie Béhar. Puis je joue un officier de la DGSI dans la série « Le Bureau Des Légendes » qui est diffusée sur Canal +. C’est une super série avec un côté polar mais très sobre et très bien documentée. Ça faut vraiment le coup de la voir ! Je joue également le rôle de la maman de Sandy Lobry dans sa série format court "We Maman" et notre épisode s'intitule "Dans la Tête d'une Mère". Il est sorti le 1e juillet.

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