Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La chanteuse Emma Daumas a répondu à nos questions !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Serge Verglas

Photo Serge Verglas

Pourquoi avoir baptisé ton nouvel EP « Vivante » même si le titre semble explicite ?

Tout simplement car j’avais envie de mettre les projecteurs sur ces cinq années totalement créatives que je viens de vivre. Durant ces années, j’ai mené à bien plusieurs projets, je pense à ce projet musical mais aussi à mon roman et j’ai également participé à des projets d’arts contemporains. En parallèle à ces divers projets, je suis devenue maman. Toutes ces expériences font que ces dernières années ont été quelque chose d’absolument créatif, de dynamique et de vitalisant. Cette période magique a été pour moi source de liberté et je savais qu’on allait me poser la question de ce que j’avais fait car certains médias ont la fâcheuse tendance à enterrer les artistes qui ne sont pas médiatisés durant quelques années mais ces années-là sont bénéfiques et nécessaires aux artistes pour se ressourcer et créer de nouvelles choses.

Peux-tu nous expliquer le choix d’un EP plutôt qu’un album ?

C’est un choix qui s’est imposé tout à fait naturellement car je suis assez exigeante avec mes chansons et avec moi-même. Nous avions six titres qui étaient totalement aboutis et que nous avions pu jouer sur scène en amont avec une petite formation de musiciens l’année dernière. Les chansons présentes sur cet EP sont celles qui étaient les plus abouties et celles dont j’étais le plus sûre. Je sentais que c’était le moment pour elles de passer l’étape de l’enregistrement. Il n’y a plus vraiment de modèle dans l’industrie du disque car le modèle économique de l’album ne fonctionne plus, cela implique de revoir notre façon de travailler et le fait de se concentrer sur une petite poignée de chansons sous-entend d’être plus exigeant avec elles.

Photo Justine Emard-ADAGP

Photo Justine Emard-ADAGP

Cet EP est composé de six titres mais pourquoi n’y retrouve-t-on pas « Bahia En Eté » sorti en 2015 et pourtant plébiscité par le public ?

« Bahia En Eté » avait déjà été enregistré et était déjà sorti comme un single d’accompagnement de cette opération de lives en région. Je considère que ce qui est fait n’est plus à faire et je me suis concentrée sur les titres qui n’avaient pas encore été faits. Cela dit, je pense que « Bahia En Eté » aura d’autres vies, d’autres formes et nous la reprendrons sur scène à partir de la rentrée. Je pense que le fait de renouveler les choses en permanence apporte quelque chose de plus créatif.

Comment nous présenterais-tu cet EP d’un point de vue musical ?

Cet EP est constitué de chansons assez épurées. Mon désir était de faire quelque chose d’accessible et de qualité. Je voulais faire quelque chose de sobre et pourtant de très élégant. Cet Ep est très acoustique et très organique. J’avais envie de revenir à l’essence de la musique dans les mélodies, les harmonies et dans les textes. C’est une musique qui est très visuelle également car quand nous travaillions sur ce disque, nous voyions ces musiques comme des scènes au cinéma. Je te dirais pour résumer que c’est une musique vivante et émotive.

Photo Justine Emard-ADAGP

Photo Justine Emard-ADAGP

Comment le définirais-tu par rapport au reste de ta discographie ?

Ce projet a énormément maturé, j’ai beaucoup pris mon temps pour l’élaborer et sans aucune projection de quoi que ce soit, j’ai laissé venir les choses. Maintenant, je travaille en indépendante avec des artisans de la chanson, on retrouve de ce fait peut-être un esprit plus authentique dans ce disque qui a vraiment été fait sans aucune pression. Au fil du temps, je pense qu’il y a une sorte de cohérence qui s’est installée dans mes explorations musicales même si tous mes albums sont assez différents les uns des autres. Au travers de tous mes albums, je pense qu’on peut suivre une quête à la fois musicale et personnelle vers quelque chose de plus authentique et de plus juste. Je vais puiser dans mes expériences personnelles mais aussi dans des sentiments universels pour en faire des thèmes de chansons et les partager avec le public.

Tu as écrit les paroles et composé les musiques. Es-tu partisane du « on n’est jamais mieux servi que par soi-même » ?

Je pense que cela dépend des moments. J’avais envie d’un engagement total sur ce disque au niveau de l’écriture et de la composition afin d’aller vraiment au bout de ce geste. Pour ce disque, je n’ai fait aucune concession avec moi-même et j’ai été très exigeante mais j’ai également une casquette d’interprète qui me permet de travailler avec de supers auteurs et compositeurs depuis le début de ma carrière et cela m’a permis de travailler notamment avec Maxime Le Forestier, Mickey 3D ou Peter Van Poehl. J’aime beaucoup ma casquette d’interprète mais il y a des moments où j’ai besoin d’affirmer mon côté auteur-compositeur.

Photo Justine Emard-ADAGP

Photo Justine Emard-ADAGP

Tes nouvelles chansons sont très douces, elles pourraient être de jolies berceuses. Ta fille a-t-elle été ton premier public ?

(Rires) Je te répondrais certainement car elle connait déjà les chansons de ce projet. Ma fille fait partie intégrante de ma vie et forcément l’influence maternelle plane au-dessus de ce projet mais je suis également quelqu’un qui a besoin de s’épanouir dans le foyer mais aussi en dehors. J’aime bien l’idée d’avoir plusieurs univers et plusieurs mondes mais c’est joli à voir quand ils se croisent. Ça me fait toujours bizarre d’entendre ma fille chanter « Les Promesses En L’Air » car elle n’a pas été incluse dans ce processus créatif mais elle en a été bercée et influencée quand même.

Quand « Tu Seras » a cartonné au top single en 2004, n’as-tu pas eu peur que ce titre te poursuivre toute ta carrière ?

Non car je trouve ça magique d’avoir un tube, c’est extraordinaire. C’est une chanson qui me suit depuis longtemps et elle a pris de multiples formes lors des tournées. Cette chanson est passée par toutes les phases, de la plus rock à dernièrement une version rythmique tango. On se permet de la tordre dans tous les sens face au public car tout le monde la connait par cœur. Je trouve ça super car au final, cette chanson ne m’appartient plus mais elle appartient au public et elle est fédératrice entre mon public et moi.

La chanteuse Emma Daumas a répondu à nos questions !

Peut-on dire que tu n’es jamais là où l’on peut t’attendre ?

Alors ça, je crois que l’on peut le dire ! (Rires) Je pense que cela fait partie de ma marque de fabrique. J’ai conscience de la difficulté de ce positionnement notamment dans des termes commerciaux et marketing car on a toujours tendance à vouloir mettre les gens dans des cases. Je crois qu’au contraire, la carrière d’artiste permet d’explorer des univers et d’expérimenter des choses et c’est là tout le plaisir de la création.

Tu fais doublement partie de l’actualité puisque l’on te retrouve également en librairie. Quelle est l’histoire de ton roman « Supernova » ?

« Supernova » est une fable sur la célébrité. Je me suis posé la question de ce fantasme là puisqu’aujourd’hui les petites filles qui avant rêvaient d’être des princesses rêvent maintenant d’être des chanteuses ou tout du moins des stars. Cette fable a comme toile de fond ce que j’ai vécu moi à savoir le télé crochet, l’univers de la télévision et de la musique. Je dépeins comment une jeune fille pas très armée va pouvoir se confronter à ce rêve de petite fille et au décalage entre ce fantasme et la réalité. Finalement, c’est le cheminement d’une jeune fille qui devient femme dans ce monde complètement magique et exaltant mais qui peut être assez impitoyable. Forcément, mon vécu et mon analyse de mon expérience en télé m’ont beaucoup inspiré mais j’ai essayé de faire en sorte que mon personnage Annabelle soit vraiment une jeune fille d’aujourd’hui avec sa propre trajectoire et ses propres tribulations.

La chanteuse Emma Daumas a répondu à nos questions !

As-tu déjà d’autres idées pour un second roman ?

Oui mais cela ne va pas se faire tout de suite car on commence à travailler le live. Pour écrire, j’ai besoin d’être posée et de me concentrer totalement mais il y a déjà des pistes en tout cas.

Quels sont tes prochains projets à venir ?

Nous venons de tourner le clip illustrant la chanson « Les Promesses En L’Air », il a été réalisé par Tito Gonzalez Garcia un réalisateur de cinéma et de vidéos d’art Franco-Chilien et il a été écrit par un auteur-metteur en scène et comédien Avignonnais et sinon, je me concentre sur le live. Nous serons en concert à Paris le 26 septembre aux Trois Baudets et nous devrions avoir une seconde date à l’automne. Quelques dates s’annoncent tout comme des festivals pour l’année prochaine.

Commenter cet article