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Rencontre avec Zanov l’un des précurseurs de la musique électronique en France !

Publié le par Steph Musicnation

Rencontre avec Zanov l’un des précurseurs de la musique électronique en France !

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Zanov et je suis connu comme l’un des pionniers de la musique électronique en France même si je préfère employer le terme innovateur plutôt que pionnier. J’ai commencé la musique électronique en 1976 et j’ai sorti trois albums entre 1976 et 1983. Je suis revenu à la musique en 2014 et je viens de sortir mon cinquième album qui s’intitule « Open Worlds ».

Pourquoi avoir attendu 31 ans pour revenir à la musique avec « Virtual Future » ?

Tout simplement car à l’époque, je ne vivais pas de ma musique et je n’avais pas le temps nécessaire pour continuer sérieusement ce que j’avais entrepris. Je n’avais pas envie de faire de la musique de manière homéopathique. En parallèle à la musique, j’étais ingénieur en informatique, j’étais responsable en recherche et développement, j’ai eu de plus en plus de responsabilités et je suis devenu papa. J’ai arrêté la musique me promettant de la reprendre quand j’aurai assez de temps, ce que j’ai fait en 2014.

Rencontre avec Zanov l’un des précurseurs de la musique électronique en France !

Comment a débuté ta carrière discographique ?

C’est un peu compliqué. J’ai commencé le piano à l’âge de 6 ans selon une méthode archaïque, je dois avouer que cela m’a dégouté du classique. J’ai commencé à travailler à 17 ans et je me suis offert une guitare. J’ai fait partie durant cinq ans d’un groupe avec lequel je jouais dans les discothèques. Je pensais en termes de sons et je n’arrivais pas à sortir ce que je voulais vraiment avec ma guitare, j’ai commencé à « bricoler » chez moi afin d’interpréter les sons. J’avais fini mes études et à l’été 1975, dans le cadre de mon job, pendant un voyage de formation en Anglais à Londres, j’ai rencontré un Français qui s’intéressait également à la musique électronique et j’ai découvert aussi que les synthés existaient. A mon retour, j’ai pris un crédit et je me suis acheté un VCS3 qui était l’un des synthés analogiques célèbres du moment. Au bout de quelques mois, j’ai complété avec un magnétophone et un mixeur 4 pistes pour enregistrer mes premières compositions et j’ai fait quelques cassettes que j’ai apportées aux vendeurs des boutiques de musique. En décembre 1976, on m’a rappelé car un producteur était intéressé par mes productions. Après une première rencontre, il a décidé de me produire et nous avons décroché un contrat avec Polydor. Mon premier album « Green Ray » est sorti au tout début de l’année 1977.

Peut-on dire que tu es l’un des pionniers de la musique électronique en France ?

C’est ce qui se dit dans l’exposition ElectroSound qui retrace l’historique de la musique électronique en France de Pierre Schaeffer jusqu’à maintenant. C’est une exposition très complète avec des vidéos et des instruments et s’est organisé à l’Espace Foundation EDF jusqu’au 02 octobre. Je suis cité dans cette exposition, on entend ma musique et on voit des vidéos.

Rencontre avec Zanov l’un des précurseurs de la musique électronique en France !

Comment nous présenterais-tu ton nouvel album « Open Worlds » ?

Je préférerais te présenter l’album précédent pour débuter pour mieux comprendre. J’ai sorti mes trois premiers albums à la fin des années 70-début des années 80. J’avais un grand projet à cette époque qui était de faire une composition globale incluant musique, vidéo et textes traités au vocodeur. Ce projet s’intitulait « Nous Reprenons Notre Avenir » mais je n’ai pas pu le terminer à ce moment-là. Quand j’ai repris la musique au début de l’année 2014, je suis reparti de cela, j’ai numérisé mes sons et supprimé les textes. J’ai complété et remixé ce travail déjà existant et sur « Virtual Future », il y a 70% du passé et 30% de nouveauté. On peut dire que j’ai mis plus de 30 ans à faire cet album (rires). Quand j’ai fini ce disque, j’ai eu très vite besoin de faire un album ancré dans le présent. J’ai travaillé durant 9 mois sur « Open Worlds ». J’avais plein d’idées en tête et je me suis acheté du nouveau matériel. Maintenant, je suis clean entre le passé et le présent, j’ai franchi le cap ! (Rires).

Quelle est ton intention avec « Open Worlds » ?

J’ai envie que ce disque soit écouté le plus possible. Comme tous les musiciens, on a envie que cnotre musique apporte du plaisir, on a envie d’être écouté et aimé. Le plus dur est d’atteindre un public à qui ça plait mais qui ne connaît pas ce genre de musique.

Un accompagnement visuel est-il prévu ?

Il existe un teaser sur Youtube fait avec une vidéo d’assemblages assez psychédéliques. Une autre vidéo a été réalisée par un vidéaste sur le titre « Signal From Diamond Desert » et elle vient d’être mise en ligne il y a peu.

Rencontre avec Zanov l’un des précurseurs de la musique électronique en France !

La jeune génération de producteurs electro Français s’intéresserait à ton travail afin de le remixer ; serais-tu partant ?

Oui, je serais partant, pourquoi pas, je suis quelqu’un d’ouvert et de curieux mais cela ne voudra pas dire que j’aimerais ce qui sortirait. C’est relativement courant maintenant de remixer des morceaux et si par hasard je trouvais un remix qui me plaise mieux que mon morceau originel, j’en serais ravi.

Jean-Michel Jarre vient de sortir un album avec des duos. Tu en aurais la possibilité, avec qui aimerais-tu collaborer ?

Au jour d’aujourd’hui, je dirais avec personne pour être honnête car j’ai trop d’idées et je suis trop exigeant avec moi-même, je ne pourrais pas, je suis trop sélectif. La manière dont je compose et ressens la musique fait que cela serait extrêmement difficile.

Rencontre avec Zanov l’un des précurseurs de la musique électronique en France !

Vas-tu te produire bientôt sur scène ?

C’est une grande question ! Je te dirais peut-être… Mon problème aujourd’hui est ma musique est tellement construite en studio que je ne peux pas la refaire tout seul sur scène. Je cherche des technologies qui me permettraient de m’approcher de ce que j’ai fait en studio. Je veux pouvoir m’exprimer pleinement, sans être contraint par des parties préenregistrées, comme c’est souvent le cas en musique électronique, et je préfère encore ne pas jouer que de me produire ainsi devant le public. J’expérimente pour voir comment faire, mais le processus est engagé.

Comment inviterais-tu nos lecteurs à découvrir ta musique ?

Je vais te dire tout d’abord comment je conçois la musique. Quand je compose, je vois le morceau de musique comme une tranche de vie. Dans la vie, il y a des périodes stables, chaotiques, il y a des événements qui arrivent, des surprises, de l’ordre, du désordre…J’organise mes morceaux ainsi, je fabrique tous mes sons, ils ont des relations cachées entre eux et ils évoluent dans le temps. Dans ma musique, je fais attention à l’esthétique, à la technique et à l’émotion. Pour mettre de l’émotion, j’essaye de construire la trame principale comme si c’était du live. Je dirais que ma musique est belle esthétiquement parlant et je dirais qu’elle peut surprendre car elle n’a pas une structure habituelle. Comme je conçois un morceau comme une tranche de vie, on peut écouter dix fois ma musique, on y découvrira toujours des choses différentes !

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