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Rencontre avec Jean Franco, un homme qui a plus d’une corde à son art !

Publié le par Steph Musicnation

Rencontre avec Jean Franco, un homme qui a plus d’une corde à son art !

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Jean Franco, j’ai 37 ans et je suis auteur et comédien de théâtre.

Vous avez actuellement trois pièces à l’affiche à Paris. Sont-elles totalement différentes ?

Totalement non car comme ce sont trois co-écritures, il y a au moins 50% de moi à chaque fois. La Candidate est vraiment une farce alors qu’Un Week-End Sur Deux et Soixante Degrés sont plus ce que nous appelons des comédies de mœurs. Dans La Candidate, rien n’est crédible mais c’est le jeu et c’est le code. Un Week-End Sur Deux ou Soixante Degrés sont des histoires qui pourraient très bien se passer dans la vie.

Peut-on parler de pièces « gay-friendly » ?

Pour Soixante Degrés, je répondrais oui. C’est une pièce que j’ai créée il y a 13 ans et je me rappelle que nous étions surs d’avoir un public gay qui se ruerait au Théâtre D’Edgar où nous jouions à l’époque vu le sujet mais les gens qui nous attendaient après les représentations étaient très souvent des hétéros. Ces personnes trouvaient que c’était une bonne façon d’aborder le sujet de l’amitié qui peut devenir amoureuse surtout au moment de l’adolescence et que beaucoup d’hétéros ont pu connaitre. On avait été assez surpris par cet accueil très chaleureux. On peut parler de pièces gay-friendly, oui, car je le suis, gay friendly, et forcément cela transparaît dans mon écriture !

Rencontre avec Jean Franco, un homme qui a plus d’une corde à son art !

Quel est le message véhiculé dans Un Week-End Sur Deux Et La Moitié Des Vacances Scolaires ?

Mes pièces restent avant tout des comédies, je n’écris pas des pièces à message. Cette pièce traite de bien plus que le simple sujet de la garde alternée, elle parle vraiment d’amitié. On retrouve deux mecs que tout oppose à priori ; ils n’ont qu’une envie au début de la pièce, celle d’éliminer l’autre car ils sont autour de la même fille mais petit à petit, ils vont devenir meilleurs amis. Si la pièce devait véhiculer un message, ce serait qu’il faut dépasser les clivages et les aprioris et que l’on a tout a gagner à ne pas se fâcher avec les gens.

Comment est née cette pièce ?

Il y a environ deux ans et demi, nous étions dans un creux car c’est un métier où il y a des hauts et des bas, on sortait d’un échec au Palais Royal, les gens nous tournaient un peu le dos, évidemment, et nous n’avions pas de propositions en tant que comédiens. On s’est demandés pourquoi on écrivait pour les autres mais jamais pour nous et on s’est lancés dans l’écriture de cette pièce et cela est venu très rapidement car elle a été écrite en trois semaines et on y a mis beaucoup de nous.

Rencontre avec Jean Franco, un homme qui a plus d’une corde à son art !

Quelle est l’avenir de la pièce ?

Il y aura une alternance à partir de la mi-avril et la pièce est programmée jusqu’au début de l’été au Théâtre Edgar. Puis nous serons au Théâtre des Béliers à Avignon pour le festival. Nous l’emmènerons ensuite en tournée du mois de septembre à décembre.

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Saviez-vous en écrivant Panique Au Ministère qu’il y aurait une suite ?

Absolument pas car même en écrivant Panique Au Ministère, nous étions persuadés que cela ne se monterait jamais. Cette pièce était à la base une commande pour une comédienne assez épouvantable (dans le sens où elle voulait absolument jouer des comédies, mais en était incapable !), et je ne voulais pas l’écrire tout seul. J’ai appelé mon ami Guillaume Mélanie et on a écrit cette pièce en se faisant réellement plaisir et en ne se refusant rien. Au fur et à mesure des lectures, tous les directeurs nous disaient que Panique Au Ministère était super mais que l’actrice, cela n’était pas possible… Nous avons repris les droits à la comédienne et nous l’avons monté de notre côté. On n’imaginait absolument pas ce succès-là.

Amanda Lear n’était donc pas une évidence pour ce rôle ?

C’est Jean-Claude Camus qui était producteur pour Panique Au Ministère qui a eu l’idée de faire interpréter le rôle de la mère un peu barrée par Amanda Lear. Au départ, nous nous sommes regardés avec des yeux ronds avec Guillaume car nous ne la pensions pas comédienne. Nous l’avons entendu en lecture et dès qu’elle a ouvert la bouche, on a bien fermé nos gueules et on s’est dit qu’elle était juste géniale. C’est une des rares fois où l’on a trouvé quelqu’un qui transcendait vraiment un rôle qui n’avait pas été écrit pour elle. Amanda est unique, elle n’a pas d’équivalent dans le métier. Elle a fait un vrai hold-up sur la pièce et le public et les journalistes ne parlaient que d’elle. En sept ans, elle est devenue incontournable dans le théâtre de boulevard et elle a fait la boucler à tous ses détracteurs.

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Quelle est l’histoire de La Candidate ?

On retrouve exactement les mêmes personnages qu’à la fin de Panique Au Ministère. On reprend l’histoire sept ans après. A l’inverse de la première pièce où Amanda était en second rôle, c’était une sorte de snipeuse ; dans La Candidate, elle est au cœur de l’action. Son personnage est devenu ministre de la jeunesse et des sports en étant sponsorisé par un prince du Qatar, évidement elle n’y connait rien et elle ne fait cela que pour l’image. Un jour lors d’une conférence de presse, ne sachant pas quoi dire, elle annonce sa candidature aux élections présidentielles. Sa fille et son gendre qui sont ses conseillers sont obligés de la suivre dans sa course qui va être un parcours semé d’embûches.

Quels sont les premiers retours du public par rapport à cette suite ?

On ne peut jamais préjuger d’un succès d’un spectacle mais on se disait qu’étant donné que la première pièce avait bien marché, à priori les gens allaient avoir la curiosité d’aller voir la suite. On était certains en revanche qu’on allait se faire éclater par les critiques car les suites ne sont jamais très bien vues, surtout qu’au théâtre elles sont rares. Pour le moment, on est très contents car c’est plutôt unanime : nous n’avons pas foiré notre coup ! Je pense que quand on écrit une suite, il y a un cahier des charges à avoir même si le terme n’est pas joli et je pense que nous l’avons rempli. C’est du pur divertissement et rien d’autre.

Rencontre avec Jean Franco, un homme qui a plus d’une corde à son art !

Quel œil avez-vous sur la pièce Soixante Degrés qui jouit d’un beau succès à La Contrescarpe ?

J’ai un œil d’une part nostalgique car c’est une pièce que j’ai créée il y a 13 ans et qui marque ma rencontre avec Guillaume Mélanie qui nous mettait en scène Jérôme Paza et moi. J’avais très peur en allant voir la pièce car on ne sait jamais comment elles évoluent, comment elles vieillissent. Nous l’avons jouée 300 fois ensemble et à un moment donné il a fallu qu’on nous remplace, avec Jérôme, car nous avions d’autres projets. On se disait qu’on l’avait tellement écrite pour nous qu’elle ne pouvait pas être jouée par d’autres personnes, et au final c’était super. La pièce a eu une vie sans nous deux et quand Fabrice Pannetier que je connaissais bien m’a proposé de la remonter, je lui ai donné mon accord en lui précisant qu’il devait se sentir libre de la modifier car certains passages avaient pu devenir obsolètes mais ils ont préféré ne toucher à quasiment rien. Quand je suis allé la voir à La Contrescarpe, j’ai été très surpris de l’accueil et de retrouver une pièce qui tient la route et qui dit des jolies choses.

Photo Phil Archi

Photo Phil Archi

Que mettriez-vous en avant dans cette pièce ?

C’est une pièce de comédiens, elle offre deux belles partitions, et c’est chouette quand on a à peine 30 ans. Comme dans Un Week-End Sur Deux Et La Moitié Des Vacances Scolaires, je pense que l’effet de surprise est une des forces de la pièce. On pense qu’on va aller voir une galéjade mais en sortant, on se dit j’ai ri mais en même temps j’ai réfléchi aussi. Je pense que quand on a ri, on est plus aptes à avoir les idées claires et l’esprit ouvert.

Photo Pierre Noirault

Photo Pierre Noirault

Etes-vous déjà en train d’écrire d’autres pièces ?

Oui, j’écris toujours. J’ai six pièces inédites pour le moment et j’en ai écrit trente en tout. Les six pièces sont placées chez des metteurs en scène et elles attendent d’être montées mais cela peut être très long. Les trois pièces actuellement à l’affiche à Paris sont des pièces qui se sont montées assez rapidement mais par exemple Au Frais De La Princesse qui va être montée en septembre avec Marion Game a été écrite en 2007. Je vais en écrire une autre avec Guillaume mais en écrire seul également. L’écriture est vraiment mon métier, je suis plus auteur que comédien, c’est vraiment là où je m’épanouis. M’arrêter d’écrire, ce serait me déséquilibrer. Donc, évidemment, je ne suis pas près de m’arrêter…

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