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Patrice Laffont vous présente le spectacle « Rue De La Belle Ecume » et revient sur sa riche carrière télévisuelle !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Cyril Hiély

Photo Cyril Hiély

Pouvez-vous nous présenter le spectacle « Rue De La Belle Ecume » ?

« Rue De La Belle Écume » est un spectacle que j’ai vu six fois. Pour moi, c’est un ovni surprenant dans ce paysage de spectacles qui se ressemblent tous. Christian Faviez qui en est l’auteur s’est posé des questions et a imaginé ce qu’étaient devenus les personnages des grandes chansons de la chanson Française. Ils ont tous plus ou moins réunis dans un lieu inventé qui s’appelle « Rue De La Belle Écume » et il fait parler ces personnages. On retrouve notamment « La Jolie Môme » de Ferré qui est dans une maison de retraite, « Félicie » qui explique de façon très humoristique que tout ce qu’on a dit sur elle était faux et que c’était son mec qui était un nul, il y a également « Le Déserteur », « Nathalie » et ça va plus loin car il y a même « La Mer » qui parle. L’idée est marrante et originale car il y a toujours une amorce de la musique originale et après, on part sur quelque chose de tout à fait différent. De par la qualité des textes de Christian Faviez qui raconte des petites historiettes avec une imagination, un humour et parfois une émotion extraordinaire, de par la musique de Philippe Brami orchestrée par un maître qui se nomme Roland Romanelli mais aussi grâce aux deux chanteurs, on obtient un spectacle de qualité qui permet de ressortir avec une banane totale. Ce n’est pas trop long, l’orchestration est magnifique, Emily Pello et Laurent Viel sont impeccables chacun dans leur style. Je peux dire que je suis un inconditionnel de ce spectacle et que les gens à qui je l’ai fait découvrir m’en ont remercié.

Quel « rôle » y avez-vous ?

Philippe et Christian ont voulu avoir une vieille radio de l’époque pour ponctuer ce spectacle et ils m’ont demandé si je voulais bien je faire la voix qui en sort. Je commente, j’explique, je rends les choses un peu moins énigmatiques. Le texte est de Christian et cela fait que d’une certaine façon, je fais partie de ce spectacle.

Patrice Laffont vous présente le spectacle « Rue De La Belle Ecume » et revient sur sa riche carrière télévisuelle !

Qu’est-ce que vous a réellement séduit dans ce spectacle ?

Je dirais que c’est sa grande tenue qui m’a séduit. C’est un spectacle très classieux comme disent les jeunes. Il n’y a pas de moyens démesurés, il n’y a pas des décors rutilants mais il y a du talent à l’état pur. Il y a deux chanteurs qui chantent super bien mais ils ne font pas que chanter, ils interprètent réellement, il y a des textes magnifiques qui prédominent souvent sur le reste et tout cela présenté dans une enveloppe magnifiquement bien décorée. Je dirais aussi que Roland Romanelli a ajouté un plus indéniable à ce spectacle ; cet homme est un monstre de la chanson Française depuis longtemps. On est dans un moment de grâce totale. Chaque fois que je le vois, j’en ressors en ayant redécouvert des choses et j’ai un plaisir fou à faire découvrir ce spectacle à des gens très différents.

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Vous avez-vous-même collaboré à l’écriture de chansons. Avec qui avez-vous œuvré ?

J’ai été le tout premier parolier de Michel Sardou à l’époque où ses chansons étaient mises en musique par Michel Fugain. L’anecdote est rigolote car je suis comédien de formation et je me trouvais dans le cours d’art dramatique Yves Furet et Sardou et Fugain y sont arrivés à quelques jours d’écart. J’étais là depuis trois ans et j’étais un peu « la vedette » du cours et on m’a demandé de prendre les deux petits nouveaux en charge afin de leur monter une scène. De fil en aiguille, on est devenu potes, on baignait dans le milieu artistique, on glandait et on rêvait. Un jour, Michel Sardou nous a dit qu’il voulait chanter et qu’il n’était pas certain que le théâtre soit son truc. Il ne savait pas encore ce qu’il allait chanter et il nous a dit qu’il fallait faire des chansons. Fugain qui descendait à peine de Grenoble avait déjà quelques musiques et il lui a fait écouter. Je leur ai dit que moi, j’écrivais un peu et que je savais que j’avais une assez bonne plume. On a trouvé des thèmes et j’ai écrit les sept premières chansons de Sardou qui malheureusement n’ont pas été des tubes sinon je serais dans ma villa à St-Tropez (rires). J’aurais dû continuer mais je me disais à l’époque que ce n’était pas un métier d’écrire, il faut dire que je n’avais que 24-25 ans.

Dans la famille Laffont, il y a plusieurs générations de talents. Comment l’expliqueriez-vous ?

Je dirais que c’est un peu dans les gènes, mon père était un grand éditeur et en même temps artiste car il était plus découvreur de talent qu’homme de finance. Mon père nous a laissé les uns les autres faire ce que nous avions envie de faire et pourtant c’était un monsieur qui avait fait HEC, c’était un mec brillant. Quand j’ai raté mon BAC, je lui ai très rapidement dit que ce qui m’intéressait vraiment était le théâtre, il aurait pu m’en dissuader mais pas du tout. Mon père était tout en passions et quand vous lui montriez que vous en aviez aussi, il vous les laissait vivre. Tout est parti de là. C’est souvent dans les familles artistiques qu’il y a plusieurs générations d’artistes qui se suivent. Mon frère et mes sœurs sont restés dans l’édition, j’ai un autre frère qui est malheureusement décédé qui lui était féru de cheval, ma fille Axelle est devenue comédienne puis humoriste, elle a fait le parcours qu’on lui connait et il n’est pas fini, mon fils Fabrice est devenu réalisateur et a notamment obtenu une victoire de la musique avec Julien Doré et ma fille Mathilde a fait des études de stylisme et elle travaille chez Dior.

Patrice Laffont vous présente le spectacle « Rue De La Belle Ecume » et revient sur sa riche carrière télévisuelle !

Le cinéma a-t-il été votre premier amour ? Quel souvenir gardez-vous du « Gendarme De St-Tropez » ?

Je voulais être comédien mais j’étais plutôt tourné vers le théâtre, j’ai travaillé beaucoup de classiques et mon rêve était d’être comédien classique et de rentrer à La Comédie Française. J’avais à l’époque un physique de jeune premier romantique et on me voyait donc dans ce genre de rôles. J’ai eu le pot de passer un casting et d’être pris pour jouer dans « Le Gendarme De St-Tropez ». J’en garde un souvenir formidable et agréable car nous avons passé un mois et demi de tournage à St-Tropez en mai-juin et la ville n’était pas encore ce qu’elle est devenue au fil des années. Nous étions une bande de jeunes et nous n’arrêtions pas de nous éclater et le tournage n’avait qu’une importance secondaire pour nous (rires). On bronzait à la plage, on sortait le soir, on rendait fou Louis De Funès et je dois dire que je n’ai pas gardé un bon souvenir de lui. Ce film a été un rêve car il a été un grand succès et il nous a offert un mois et demi de vacances payées.

Votre carrière télévisuelle dès les années 70 a été très riche et je pense que vous restez l’un des animateurs favoris des Français. Quel est le contact avec le public dans la rue ?

C’est un peu complexe parce que je pense qui si j’avais été un peu plus sérieux et un peu moins dilettante, j’aurais pu faire une carrière un peu plus importante ; sans être prétentieux, j’aurais pu être une sorte de Drucker en différent mais ce qui m’a toujours intéressé dans la vie n’a jamais été de travailler mais de vivre. Quand Armand Jammot en 1970 m’a proposé l’un de ses projets qui s’appelait « Aujourd’hui Madame », je me suis dit pourquoi pas et d’assistant, j’ai intégré l’équipe et ensuite, j’ai été happé complètement par la télévision. J’ai sacrifié en quelques sortes mon amour du théâtre et de la comédie en général pour rentrer à la télé et j’y ai fait la carrière que l’on connait. Comme j’ai présenté « Les Chiffres Et Des Lettres » pendant 17 ans et que c’est moi qui en suis parti car j’en avais ras le bol, on ne me proposait pratiquement que des jeux. J’ai animé « Les Mariés De La 2 », « Dessinez c’est gagné ! », « Fort Boyard », « Pyramide » … Cela m’arrangeait car je suis un paresseux de nature et je ne travaillais que quatre jours par mois car nous enregistrions en rafale. C’était rêvé. « Fort Boyard » a été LE truc que j’ai adoré car cela ressemblait en même temps un peu à un tournage de film, j’avais un rôle qui me permettait de jouer la comédie et de me créer un personnage et je dois dire que je trouvais « Pyramide » formidable intellectuellement parlant. Il se trouve que tout a marché et durant assez longtemps et c’est toujours moi qui suis parti des émissions. J’ai eu une vie hyper sympa mais c’est vrai que j’ai été un peu frustré car mes seuls grands moments ont été ceux où je produisais mes émissions telles qu’ « Un Sur Cinq » qui était une émission qui s’adressait aux jeunes et dans laquelle on parlait aussi bien de politique que de variété mais également « Mi-Fugue, Mi-Raison » qui reste l’un de mes plus beaux souvenirs, j’y traitais un sujet d’actualité en direct avec trois angles différents. Je pense que j’ai préféré être producteur que présentateur. Par rapport au public, je n’ai pas réussi à faire l’unanimité sur mon nom car j’étais un peu ironique avec les candidats et je ne prenais pas cela au sérieux. On me prenait ou on ne me prenait pas, il y avait des gens qui m’aimaient beaucoup et d’autres beaucoup moins. J’existe encore bizarrement dans le paysage audiovisuel alors que je ne suis plus à l’antenne mais parce que les gens m’intéressent. Contrairement à certains de mes petits camarades qui étaient gentils à l’antenne et beaucoup plus méprisants dans le civil ; moi, j’étais tout le contraire car je me suis toujours dit que c’était grâce au public que j’étais là et qu’il n’y avait pas de raisons pour que je ne lui accorde pas quelques minutes de discussion.

Patrice Laffont vous présente le spectacle « Rue De La Belle Ecume » et revient sur sa riche carrière télévisuelle !

J’ai grandi en suivant « Fort Boyard ». Vous arrive-t-il d’y retourner en tant que « touriste » et si on vous proposait de revenir dans l’émission, quelle serait votre réponse ?

Je répondrais non car je suis trop vieux maintenant, il faut rester dans l’âge que l’on a et ne pas aller à contre-emploi. Je pourrais faire Le Père Fouras, éventuellement. Olivier Minne présente magnifiquement bien l’émission. En revanche, j’y suis retourné trois fois en tant que candidat dans des équipes, on m’a ménagé car je ne voulais pas plonger dans l’eau glacée ni sauter à l’élastique. C’est un vrai pèlerinage et j’y suis retourné en touriste car je m’entendais bien avec toute l’équipe. Les machinos du fort m’ont offert une tête de tigre pour mon départ, et je garde un souvenir formidable de cet esprit d’équipe. J’ai toujours pris cette émission comme une thalasso avant les vacances car nous tournions en mai-juin, je ressortais de là en étant affûté et bronzé. Je suis parti de l’émission car c’est le cas de le dire j’avais l’impression d’avoir fait le tour du fort. J’adore cette émission, je continue à regarder l’émission et à donner mon avis alors que personne ne me le demande.

Patrice Laffont vous présente le spectacle « Rue De La Belle Ecume » et revient sur sa riche carrière télévisuelle !

Quel regard avez-vous sur le paysage audiovisuel actuel ?

Oh la la, c’est une grande question que l’on me pose souvent et je dois dire que je m’en fous complètement (rires car je suis tout sauf un ancien combattant. Je peux en parler car je regarde beaucoup la télé. Techniquement, cela a beaucoup évolué, la qualité de l’image et la HD font que la télé n’est plus du tout celle que j’ai connu moi en noir et blanc. C’est plutôt la façon de travailler qui est devenue beaucoup plus stressante car il faut des résultats. Il y a des choses qui sont bien mieux qu’à mon époque mais je dois dire que toute cette télé réalité qui est arrivée ne m’a pas passionné. Je prends ce que j’ai envie de picorer et on a un grand choix avec toute cette diversité de chaînes qu’il n’y avait pas à mon époque.

De toutes vos émissions, si vous ne deviez en garder qu’une, quelle serait-elle et pourquoi ?

C’est compliqué pour des raisons différentes. Une, ce serait « Fort Boyard » pour tout ce que je vous ai raconté avant car c’était une vraie innovation, c’est mon émission préférée, j’y avais carte blanche, j’ai pu donner mon avis, j’ai trouvé des formules, des gimmicks, …c’était une aventure complète qui ne me lassait pas. Je dirais en deuxième lieu et à peu près à égalité « Pyramide » car c’était une émission à laquelle je jouais autant que je la présentais. Ce sont les deux moments forts en dehors des émissions que je produisais.

Photo BestImage

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Quels sont vos futurs projets ?

Je suis producteur de l’émission « Des Chiffres Et Des Lettres » et France 3 a décidé de tenter un pari un peu fou mais indispensable quand une émission dure depuis 44 ans, celui de faire une toute nouvelle version de l’émission. On m’a demandé d’y réfléchir et à la rentrée, il y aura une émission new look. Mon autre gros projet à la rentrée sera de devenir chroniqueur dans une émission à succès…

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