Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rencontre avec Zidani, une artiste qui brûle les planches et rayonne au cinéma !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Zidani

Photo Zidani

Très belle révélation cinématographique grâce à son interprétation dans le film Le Grand Partage mais aussi au théâtre dans la pièce "Welcome à ST-Tropez", Zidani capte indéniablement l’attention des spectateurs grâce à son talent. L’humoriste a répondu à nos questions.

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Mon nom est Zidani, c’est comme Zidane, c’est la même origine Algérienne-Kabyle, je suis Bruxelloise et je suis humoriste.

Comment nous présenterais-tu la pièce "Welcome à ST-Tropez" ?

C’est une sorte de comédie un petit peu délirante, je crois qu’il faut la voir un peu dans l’esprit des Desperate Housewives. Je pense que si on recherche une comédie avec les codes du théâtre traditionnel, on risque de s’y perdre. Ce sont des personnages un peu BD qui se rencontrent sur scène et qui se parlent et il leur arrive des choses. Ce que j’aime dans les dessins animés, c’est que l’on ne meurt jamais et ici, on sent que l’on est dans cet esprit là, il n’arrivera jamais rien de grave aux personnages. Tout peut se construire et tout peut se déconstruire, c’est le lieu de tous les possibles. A côté de cela, il y a quand même un petit fond de critique sociale car nous sommes dans la critique de la Tv réalité où tous les personnages sauf le mien trichent, chacun se ment, c’est un jeu de dupes en permanence, chacun essaye de tirer la ficelle à lui-même. Personne n’est réellement vrai mais par la force des choses, les gens finissent par s’aimer et s’apprécier.

Photo Denis Tribhou

Photo Denis Tribhou

Quel personnage incarnes-tu ?

J’interprète le rôle de Sylvie Auchan comme les supermarchés. Elle a gagné une semaine de vacances chez Astrid Ferrari qui est une people bien nantie. Sylvie est tout simplement heureuse d’être là. C’est un personnage maladroit. En Belgique, nous dirions qu’elle n’a pas toutes ses frites dans le même paquet. Elle est comme elle est, elle est sincère, elle ne calcule pas, elle ne réfléchi pas, c’est un personnage brut de décoffrage et extrêmement attachant qui casse tout. C’est au fond, le seul personnage qui ne triche pas dans la pièce et je crois que c’est aussi pour cela que j’ai dit oui à ce rôle car il a un côté naïf mais avec beaucoup d’humanité. J’aime bien les personnages naïfs qu’on a tendance à prendre pour des cons.

As-tu des points communs avec ton personnage ?

J’en ai toujours, tous les rôles que j’incarne sont des dédoublements de moi-même et cela même quand ils sont assez horribles. Je pense que c’est important pour le comédien lui-même de pouvoir avoir un point de rencontre avec son personnage sinon cela devient très difficile. J’aime créer une empathie avec mes personnages, et c’est pourquoi il est important que je de ne pas juger par le personnage.

Photo Alain Trellu

Photo Alain Trellu

Aurais-tu pu jouer un autre rôle dans cette pièce ?

Non car j’aime mon personnage mais je ne me suis pas posé la question non plus.

Comment qualifierais-tu la troupe de comédiens qui t’entoure ?

On s’est tous rencontrés sur cette pièce, je dirais que nous sommes tous assez entiers et nous sommes tous concernés par le projet et nous souhaitons vraiment qu’il fonctionne.

Qu’est ce qui t’a séduite dans cette pièce ?

Mon personnage et son côté un peu Bourvil.

Photo Bénédicte Maindiaux

Photo Bénédicte Maindiaux

Ton autre actualité est le film Le Grand Partage, comment nous présenterais-tu Madeleine ?

Mon personnage Madeleine est une SDF, on ne sait pas très bien qui elle est ni d’où elle vient, elle se révèle assez peu sur sa vie mais elle a un rêve et elle l'a eu à un moment donné, c'était son restaurant et elle le retrouve à la fin du film. C’est un personnage qui réalise son rêve et j’aime assez bien les personnages qui vont au bout de leurs histoires, qui réalisent quelque chose, où tout est possible. Ce personnage est un jour dans la rue et puis soudain il y a un petit peu de magie, c’est comme si des fées s’étaient penchées sur ce personnage et lui avaient donné la possibilité de devenir autre chose. Le fait qu’elle soit SDF me plaisait aussi car on a tendance à penser qu’un SDF n’a pas d’identité et le fait de ne pas avoir trop d’infos sur ce personnage en fait quelqu’un de pas larmoyant, Madeleine est un peu philosophe et elle essaye de survivre dans le moment et là où elle est. C’est une personne qui ne se censure pas et qui ne s’auto juge pas. Madeleine doit sauver sa peau, elle n’a pas envie de mourir. Elle a des copains qui sont un peu comme elle. Madeleine est un peu une sorte de Mary Poppins, ce sont des personnages qui arrivent dans une histoire, ils changent un peu la vie des autres par leur présence. On pourrait prendre Madeleine pour un mirage.

Comment as-tu vécu ce tournage de film où pas mal de grands artistes étaient à l’affiche ?

C’était gai de recevoir ce rôle ; quand la réalisatrice m’a téléphoné, elle ne voyait pas très bien qui pouvait jouer le rôle de Madeleine, elle m’avait vue dans "On Ne Demande Qu’à En Rire" et elle s’est dit que je pourrais le faire. Cela a été une surprise car je suis plutôt humoriste et c’est toujours plaisant quand on pense à vous en tant que comédienne. Alexandra Leclère n’est pas n’importe qui, j’avais vu son film Les Sœurs Fâchées et j’avais beaucoup aimé, c’est une réalisatrice de grande qualité. C’est à peu tout ce que j’ai su quand j’ai reçu le rôle, je ne savais pas qui allait jouer dedans, c’est au fur et à mesure des relectures avec les comédiens que j’ai commencé à voir le casting. Je me suis dit oulala et c’est à ce moment que le stress est un peu monté (rires). C’était hallucinant de se retrouver avec des comédiens que j’admire de l’autre côté de la toile et de se dire que j’allais travailler avec eux surtout que Madeleine est quasiment mon premier vrai rôle au cinéma.

Photo Le Grand Partage

Photo Le Grand Partage

Quel message véhicule ce film pour toi ?

C’est un film qui véhicule plusieurs choses. C’est une fiction, Alexandra Leclère prend un peu au mot des choses que les gens disent comme par exemple le fait qu’il y ait plein de bâtiments vides alors pourquoi on ne reloge pas les gens… Quand on propose tout d’un coup aux gens de partager quelque chose de leur vie à eux, ça devient plus compliqué. A Bruxelles, nous sommes tous installés dans des appartements assez grands ou des maisons et quand j’ai lu scénario, je me suis dit qu’est ce qui se passerait si on proposait cela. Mon premier réflexe serait de dire non, principalement par peur et pourtant on ne parle pas de SDF mais de travailleurs pauvres donc des gens qui ont à priori quand même une situation sociale dans la vie de tous les jours. Il y a cette réalité affreuse de plus en plus courante du côté de Paris, les gens n’ont plus assez d’argent pour se loger même en travaillant, ce qui est quand même lourd et malheureusement, nous ne sommes plus dans la fiction. Vu le nombre de réactions que j’entends, je sais que c’est un film qui ne laisse pas indifférent, il perturbe les gens surtout qu’Alexandra Leclère est une très bonne directrice d’acteurs et elle a pris un casting top mais même du plus petit au plus grand, elle nous a tous très bien dirigé et finalement, nous sommes dans un jeu très réaliste où l’aspect comédie peut ne pas se ressentir. Il y a un autre aspect qui m’a plu et c’est un peu à l’instar des films de Cédric Klapisch ou chez Agnès Jaoui, c’est le fait qu’elle montre bien toute la petite mesquinerie dont chaque être humain peut être capable. En situation d’urgence, on révèle une facette de nous qui n’est pas la plus jolie mais que l’on comprend car les gens ont peur d’être volés. C’est une merveille fable, je l’ai vue trois fois et je ne m’en lasse pas.

Tu es une humoriste fort appréciée et très connue en Belgique, quel est ton humour et que retrouve-t-on dans tes spectacles ?

Il y a beaucoup de spectacles différents, je suis en train d’écrire le dixième et ce sont toujours des univers complètement différents. Ce sont des microcosmes dans lesquels on travaille à la fois le décor, la lumière et les costumes. Par exemple, "Et Ta Sœur !? " se passe dans un camping sur la cote Belge et traite de la problématique du racisme dans tous les sens du terme, "Journal Intime D’Un Sex Sans Bol" raconte les aventures d’une serial killeur dans un supermarché, on travaille les thématiques du beau, de l’amour et la société de consommation. J’ai beaucoup joué "La Rentrée D’Arlette" en France, c’est une directrice qui gère un collège, c’est sur les difficultés de l’enseignement avec une galerie de professeurs. Les thématiques chez moi ne sont pas forcément drôles mais c’est le traitement qui l’est. "Retour En Algérie" est beaucoup plus autobiographique et raconte mon histoire. Chaque spectacle est complètement différent.

Photo Tristan Locus

Photo Tristan Locus

Peux-tu nous parler des "Pingouins A L’Aube" ?

Cette création va se décaler, il est reporté pour plus tard, je voulais le créer pour mars 2017 mais finalement, je vais en créer un avant et il va s’intituler "Arlette L’Ultime Combat" et se sera la suite de "La Rentrée D’Arlette". Je continue mon volet sur l’enseignement, avec tout ce qui se passe actuellement, ça m’a plus inspirée. Pour "Les Pingouins A L’Aube", ça a commencé par des dessins, je suis fascinée par l’antarctique et ce spectacle va me demander beaucoup de temps et de financements. Ce sera un spectacle joué et chanté avec beaucoup de dessins.

Tu as fait une licence en histoire de l’art. L’art, dans toutes ses formes, a-t-il toujours été un but pour toi ?

Je suis fascinée par l’art qui m’a littéralement sauvé la vie. Quand je ne me sens pas bien, je vais voir une exposition, je suis plus touchée par la peinture du moyen-âge à nos jours, j’adore l’art contemporain et l’image d’une manière générale. J’aime la manière dont les tous les éléments, les inventions, tous les progrès d'une civilisation se retrouvent dans la peinture et dans l’art. Je pense que nous vivons dans un monde qui s’asphyxie de plus en plus et que nos sociétés ne mettent pas suffisamment de moyens ni sur l’enseignement ni sur l’art en général.

Comment inviterais-tu nos lecteurs à venir découvrir Welcome ?

En venant ! Je pense que c’est la meilleure manière pour se faire un avis. Quand on vient voir un spectacle, il faudrait à chaque fois, ne s’attendre à rien. Les personnages de Welcome sont assez sympathiques et addictifs alors n’hésitez pas à venir !

Rencontre avec Zidani, une artiste qui brûle les planches et rayonne au cinéma !

Commenter cet article