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Rencontre avec Raphaël et Octavio de Namasté, un groupe à suivre de très près !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Roch Armando

Photo Roch Armando

Rendez-vous pris à L’Hôtel Amour dans le 9ème arrondissement de Paris avec deux des membres du groupe Namasté qui vient de sortir un excellent premier opus baptisé Juste Le Temps dont 4 Murs est le premier extrait.

Pouvez-vous nous dire comment Namasté est né et nous présenter les membres du groupe ?

Raphaël : Namasté a été crée il y a dix ans au retour d’un voyage très dépaysant en Asie. J’ai commencé à écrire des textes pour faire des chansons car j’ai été très inspiré par ce que j’ai vu durant ce voyage et à ce moment là, j’ai contacté Kenzo qui est un ami d’enfance et qui est le pianiste du groupe avec lequel je fais de la musique depuis longtemps. Je lui ai fait écouter les premières ébauches des morceaux et on a décidé de monter un groupe. On a commencé à faire nos premiers concerts et à s’inscrire à des concours et c’est lors d’un d’entre eux qui s’appelle Emergenza et que nous avons remporté, que nous avons rencontré Octavio sur le deuxième tour du tremplin, Octavio qui était au lycée de musique avec Kenzo. L’alchimie s’est faite assez vite et nous avons décidé d’incorporer Octavio dans le groupe avec sa touche lyrique et sensuelle du violoncelle et très peu de temps après, j’ai rencontré sur un projet de musique du monde sur lequel j’étais ingénieur du son et régisseur Benoît et Reda qui jouent de la basse et de la batterie. C’est naturellement que je leur ai proposé de venir écouter ce que nous faisions car nous recherchions une basse et une batterie, cela a fonctionné et cela fait 8 ans que nous sommes tous les cinq !

Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe ?

R : Namasté voulant dire mon âme salue ton âme, namasté vient de ces fameux voyages qui ont été un peu la première inspiration et l’essence de ce que j’avais envie de chanter dans ce groupe. Il y a une chanson présente sur l’album qui s’appelle Namasté, à l’époque, il en existait une autre mais elle avait le même propos, celui d’un voyage dépaysant, humainement marquant et même troublant et je crois que ce mot a raisonné dans la tête et dans le cœur de tout le monde puisque c’était un mot qui n’était ni Français ni Anglais et qui sonnait dans toutes les langues pareil et surtout c’était un mot qui véhiculait une salutation, un accueil, un bienvenue, cela véhiculait une envie de voyage et une notion de partage. On s’est dit que c’était un super nom de groupe et qu’on allait le garder sans pour autant prendre la tabla et la sitar.

Octavio : Je pense que ce mot est universel, on ne le traduit pas, namasté est pareil partout dans le monde.

Photo Roch Armando

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Juste Le Temps est votre premier album, comment le présenteriez-vous ?

O : Je dirais à la fois intime, personnel et en même temps ample, large et fort selon les titres. C’est un album qui est l’image de notre histoire. Juste Le Temps vient du temps que l’on a pu mettre à créer cet album, à se créer nous-mêmes, se trouver tous les cinq avec nos univers et nos envies différentes et qui parfois se sont rejoint avec beaucoup de facilité. C’est notre bébé !

R : C’est un album qui est très riche dans les influences et dans les envies et qui est aux couleurs des membres de ce groupe. J’espère qu’il pourra traverser le temps car les propos se veulent assez universels, cet album parle de l’humain et de la planète, de choses marquantes de notre génération mais qui auront je pense une résonnance pour les années à venir. Je rejoins Octavio sur les adjectifs qu’il a utilisé pour répondre à ta question, c’est intime et en même temps très ample. Nous avons voulu avoir une proximité et en même temps une puissance. On a pris le temps de le faire !

O : Cet album est aussi un peu à l’image de ce que l’on a pu créer en live, le groupe s’est beaucoup construit sur le live et c’est de là que vient ce côté intimiste et très ample dans la musique, il y a une vraie histoire sur scène que ce soit dans des grandes salles, dans des grands festivals comme dans des petits bars ou des petits clubs où il y a cette proximité avec les gens et où on va toucher droit au cœur.

Rencontre avec Raphaël et Octavio de Namasté, un groupe à suivre de très près !

Quels sont les thèmes qui sont abordés dans vos chansons ?

R : J’ai pris très à cœur l’écriture des paroles et j’ai eu la chance de collaborer avec des personnes qui ont fait que la co-écriture a été vraiment un travail passionnant et prenant, je pense notamment à Patricia Lenoir avec qui j’ai coécrit trois textes qui sont Juste Le Temps, Lâche Pas L’Affaire et Ode Au Vent, c’est une personne avec qui j’ai eu des vrais moments d’écriture très intenses. C’était important pour moi de faire attention à ce que nous allions dire dans Namasté. C’était important d’avoir un propos, d’avoir quelque chose de consistant, on ne se sentait pas dans Namasté de raconter d’amour ou des histoires légères de tous les jours, nous voulions de vrais messages. Nous avons la chance de faire des concerts et de faire un disque qui va rester dans le temps, c’était donc important d’avoir un message global. Nos textes sont une invitation à l’ouverture, à la diversité car c’est vers quoi notre monde actuel se dirige, la mixité, les métissages des cultures et des pensées, on en revient à l’ouverture, c’est quelque chose qui m’est vraiment cher et je pense que cela peut sauver le monde. On parle de choses fortes telles que la guerre, les réfugiés, les catastrophes naturelles, les grandes personnes de ce monde qui ont marqué l’histoire comme Jesse Owens, comme Martin Luther King que j’ai cité dans Lâche Pas L’affaire…Nous souhaitions quelque chose d’intense à mettre en musique.

O : Je voulais revenir sur ce que disait Raphaël en parlant de chansons d’amour ; effectivement, Raph n’avait pas cette fibre là mais indirectement certaines personnes auront leurs propres idées comme par exemple pour la chanson Juste Le Temps et c’est cela qui est intéressant, j’ai pu entendre certaines personnes dire que c’était une chanson d’amour tout comme Lâche Pas L’Affaire. Indirectement, cela revient à ce que l’on disait précédemment, c’est une ouverture, nous proposons cela mais vous qu’en pensez-vous, s’agit-il que de cela où arrivez-vous à aller plus loin, en avez-vous envie, il s’agit d’envoyer le propos dans une autre sphère.

R : Il est vrai que certains textes qui ont cette possibilité d’interprétation selon sa propre expérience et cela m’est même arrivé à moi. Pour la petite anecdote, dans la chanson Ode Au Vent, je me mets à la place du vent, je me suis amusé à cette absurdité et j’ai essayé de savoir qui est le vent et un jour, nous l’avons joué dans une grande manifestation étudiante sur la Place de la république et quand on a joué ce morceau dans ce contexte politique, je me suis rendu compte que ma chanson avait une lecture politique avec un champs lexical même adapté alors qu’à aucun moment dans l’écriture je n’y ai pensé.

O : C’est tout simplement un message humain au travers duquel on peut y percevoir de l’amour entre deux personnes ou dans un rapport d’amitié mais aussi de l’amour universel, c’est un message, interprétez-le comme vous le voulez, ça ne sera que positif.

Quelle est l’histoire du single (très réussi) 4 murs ?

Le point de départ de ce texte vient du fait que j’habitais en face d’une école primaire, j’avais vu sur la cour de récréation et quand je regardais les gamins jouer, j’ai eu cette première phrase « Enfant, on joue aux billes, pas de soucis pour demain… » mais il faut savoir que le propos parle d’une personne qui est à la rue et dans l’histoire du groupe, il y a eu une chanson qui s’appelait Pauvres Gens qui traitait du même sujet, il me semble que c’est un sujet important à mettre en musique afin d’en parler et de sensibiliser, ce n’est pas quelque chose que l’on peut juste ignorer. Je crois que j’ai eu envie de caler dans cet album un texte qui parlait de ce sujet. Pour en revenir à cette première phrase, j’ai imaginé l’évolution de ce personnage pour en arriver à la punchline du refrain « entre 4 murs sur 1 trottoir ». C’est un sujet qui me touche. Il y a une deuxième lecture très intéressante car on voit ce personnage qui est à la rue mais au final j’ai raconté aussi mon histoire et celle que chacun peut s’approprier, on est tous coincés dans nos petites boites à ronfler au chaud et puis on traverse des obstacles…

O : …et ce n’est pas facile de s’en sortir et de s’ouvrir au monde, on est là cloisonnés avec des idées préconçues et des murs en béton. Pour moi, le terme en lui même entre 4 murs sur 1 trottoir définit très bien la place que l’on a dans nos vies et c’est une place dans laquelle il est difficile d’éclore sereinement comme pourrait le faire une fleur au fin fond d’une forêt.

R : On est dans une société prémâchée avec des œillères, la société occidentale est très compliquée.

O : Ca a du bon, il n’y a pas que du négatif dans tout cela. Pour en revenir au texte, il a un côté très positif, il donne de l’espoir d’une certaine façon, on essaye d’aller de l’avant malgré les obstacles.

Photo Roch Armando

Photo Roch Armando

Comment est venue l’idée d’un titre hommage à Jesse Owens ?

R : Très honnêtement, sur l’album il y a deux textes que je n’ai pas écrits, il s’agit de Jesse Owens et Liza ; Jesse Owens a été écrit par Antoine Bartone que j’ai rencontré au moment où je cherchais des auteurs avec qui collaborer. Il m’a proposé ce texte et nous l’avons tous aimé, tout simplement car Jesse Owens était un personnage qui nous parlait de par son histoire, par ce qu’il a fait et nous l’avons adopté. Ce texte vient d’ailleurs mais il correspond à l’univers de Namasté. Jesse Owens a tout gagné, il était très bon, il a repoussé les limites, c’était très fort car tout d’un coup les blancs n’étaient plus supérieurs et les plus forts par rapport aux noirs, c’était incroyable ! Nous en profitons pour remercier Antoine Bartone pour sa jolie plume.

Comment définiriez-vous la musique de Namasté ?

O : Variée, je n’aime pas du tout employer le mot variété Française car je trouve que ce que l’on considère être de la variété Française n’est pas de la variété pour moi. Le terme variété est un mélange des genres. Notre musique est variée, il s’y passe plein de choses, c’est une musique vivante qui n’a pas de limites. Je pense qu’on ne peut la mettre dans une case ou dans un style. Pour moi, l’art est vivant et infini et je ne vois pas pourquoi nous devrions se cantonner à être dans un style alors qu’on peut tellement s’ouvrir au monde. Cet échange et cette variété, cela vient de tous les cinq, nous sommes cinq individus avec des influences différentes, avec des passés différents dans notre cursus musical et avec des parents différents qui nous ont eux éduqués à la musique de manières très différentes. On a souvent pris l’image du saladier dans le quel on met les ingrédients, on secoue et on voit ce qui se passe, on peut aussi prendre l’image d’un bon shaker à cocktail !

Rencontre avec Raphaël et Octavio de Namasté, un groupe à suivre de très près !

Vous tournez déjà pas mal en concerts, comment ressentez-vous cet échange direct avec le public ?

R : Très simplement, il y a une dimension très humaine et très simple avec les gens qui nous ressemblent un peu. On commence à peine à connaitre notre propre public car nous avons fait beaucoup de premières parties ; avec la sortie de l’album, ce sont les premiers temps où l’on rencontre un public qui aime Namasté et qui nous suit. J’ai hâte d’aller en festivals pour rencontrer de nouvelles personnes et me confronter à des gens qui ne nous connaissent pas. Les concerts se passent toujours très bien !

O : L’accueil est vraiment chaleureux et rempli d’émotions très différentes les unes des autres. Les retours que l’on nous fait le plus souvent sont que notre musique est à la fois très apaisante et en même temps remplie d’émotions. Il y a un réel partage et une vraie communication que nous essayons d’approfondir à chaque instant et de plus en plus.

Avez-vous déjà des idées sur le prochain single et le prochain clip ?

R : Ce ne sont que des idées mais nous aimerions que le prochain single soit Juste Le Temps ou Namasté et le clip suivra…C’est en réflexion en ce moment !

Qui pourrait-on retrouver dans vos influences ?

R : Coldplay, Archive et dans les influences lointaines et les choses qui m’ont influencé, je te citerais le rap et des artistes tels que Saian Supa Crew, NTM et IAM, c’est ce qui m’a donné envie de jouer avec les sonorités des mots.

O : Police, Bon Iver sur certains trucs car ça fait partie des choses que l’on écoute et Shakira (rires)

Rencontre avec Raphaël et Octavio de Namasté, un groupe à suivre de très près !

Si vous deviez choisir un titre favori sur Juste Le Temps, quel serait-il et pourquoi ?

O : Je vais t’avouer que ces derniers temps, pour ma part, même si je les aime tous, cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté Funambule, je me suis repenché sur le morceau qui est dans ma playlist et il est réapparu et j’étais dans le bon mood pour l’écouter, j’étais à vélo, je roulais tranquillement, le ciel était gris, il y avait une énergie qui m’a mis bien. Je me suis stoppé, je l’ai écouté une dizaine de fois en replay et qu’est ce que c’était bon ! Ce n’est même pas une question de préférence, je le découvre enfin en fait.

R : Ca change tout le temps, selon les jours et l’humeur. C’est super dur de donner une réponse immédiatement…Je les aime toutes !

Quels sont vos projets en 2016 ?

R : Nous espérons plein de concerts grâce à notre bel album et à notre tourneur Le Périscope

O : Continuer à avoir une belle promo grâce à Armonie Bensoussan et à François Troller qui s’occupe de la promo TV et radio et qui nous a permis d’accéder à des belles choses.

R : Nous avons besoin que l’album se diffuse, d’être vus et de tourner ; maintenant que nous avons un beau bébé entre les mains, il faut que l’on aille jouer le plus possible.

O : Prenez le temps de l’écouter cet album !

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