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Rencontre avec Louisy Joseph qui vous présente son troisième album intitulé Music !

Publié le par Steph Musicnation

Crédit Photo Koria

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Comment nous présenterais-tu ton troisième album intitulé Music qui vient de sortir ?

Je le présenterais avec tout ce que ce mot englobe comme particularités musicales et influences que j’ai depuis le début de ma carrière. J’aurais envie de dire que Music est authentique même si cela ne change pas de ce que j’ai déjà dit sur d’autres albums. J’ai l’impression que celui ci ne fait aucun défaut à ma personnalité, il n’est pas que reggae, il n’est pas que soul, il n’est pas que guitare-voix et il n’est pas que roots, il appartient réellement à toutes ces personnalités qui font partie de ma vie et de ce que je suis mais aussi de mon apprentissage de la musique depuis que je suis petite.

Avec qui as-tu travaillé dessus ?

J’ai travaillé dessus avec Mitch Olivier, j’adore dire son nom car c’est un nom pour moi qui résonne avec sa discographie, il a tellement participé à des albums avec lesquels j’ai grandi, que ce soit Rohff, Bashung, Joey Starr…il a une culture musicale hallucinante. Il faut savoir que j’ai rencontré Mitch au tout début de la carrière des L5 et un jour alors que j’étais en train de réunir mes maquettes, j’ai pensé à lui et j’ai décidé de le rechercher sur Facebook, je lui ai envoyé un petit message et il m’a répondu en me disant n’oublies pas que tu me dois un album ! J’ai cru que c’était une blague, je pensais devoir atteindre déjà un certain niveau musical pour qu’il m’écoute et ce qu’on s’était dit quinze ans plus tôt avait toujours parole de prophétie.

L’aventure pour Music a commencé ainsi.

Crédit Photo Koria

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Pourquoi Music a-t-il pris plus de temps que prévu ?

Le travail sur cet album a démarré au mois de juillet 2014 avec quelques maquettes et puis l’aventure Danse Avec Les Stars est arrivée.

Cette nouvelle aventure m’a pris énormément de temps mais elle ne m’a pas empêché d’avancer sur l’album.

Je partais faire mes cours de danse pendant cinq heures et j’allais au studio comme si c’était la maison avec mon calepin en train d’écrire et je regardais les garçons bosser jusqu’à 3 heures du matin, je recevais mon planning le lendemain pour aller danser, je partais dormir chez moi le peu d’heures que j’avais…J’ai ainsi été balancée un peu entre ces deux énergies, la danse et le physique générés par cette émission de télé et en même temps de l’introspection personnelle de mon aventure, de ma vie, de tout ce qui se passait à ce moment là et du coup j’ai pu écrire certains de mes textes et libérer certaines choses dans la danse. Il s’est passé des tas de choses émotionnellement. Mitch a partagé un moment de sa vie avec moi et j’aime à dire que cet album est son bébé et le mien parce que je pense qu’on y a mis tous les deux tellement d’authenticité et de vérité, nos deux vies ont été bousculées par le temps que nous avons passé ensemble.

Il y a en moi une sorte d’agressivité mélangée à une sensibilité à fleur de peau et j’ai pu finalement exorciser les deux, me fatiguer toute la journée à danser et me mettre en compétition le samedi et retourner en studio après le prime pour délivrer un peu de ce que je trouvais bon ou pas et rentrer dans ma vie le soir et savoir quoi écrire au milieu de tout cela a été du pain béni. J’ai eu un vrai panel d’émotions qui m’ont permis d’élaborer Music.

Le Meilleur a été le premier single dévoilé, donne-t-il la couleur musicale de l’album ?

L’album est varié et Le Meilleur donne une ambiance assez qualitative des albums que j’ai fait avant, c’est un peu la jointure entre ces précédents albums, La Saison Des Amours, Ma Radio et le nouvel album. Je ne peux pas non plus partir dans un album en me disant qu’on ne va pas me reconnaître. C’est un peu une partie de moi, c’est ma façon de penser, je suis hyper positive, j’ai un leitmotiv un peu naïf en me disant que le meilleur reste à venir mais c’est ma façon de voir les choses et quand je l’ai écrit je venais de m’exploser l’arcade en tombant et écrire Le Meilleur en studio n’était pas difficile car la compétition continuait et il fallait que je finisse cet album et que je trouve une motivation d’où qu’elle vienne.

Le Meilleur a été un peu le vecteur de cette compétitivité afin de donner des choses super bien dans cet album mais je pense qu’il est presque le single zéro, il est sorti pendant mon actualité Danse Avec Les Stars et en même temps, il rejoint cette musique pop soleil que j’ai su faire avant.

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Comme Un Homme a pris la relève ensuite, qu’exprime cette chanson ?

Moi j’aime bien les mecs qui se bagarrent (rires), ça fait partie des trucs un peu bizarres qui font partie de ma vie de nana entourée de mecs avec des grandes gueules qui se battent pour un rien et qui ont un côté hyper plein d’honneur. Il y a un côté qui se moque de cela mais en même temps, j’aime profondément cet état d’esprit. C’est comme si cet esprit combattant reposait sur l’homme quoi qu’il arrive, c’est sur l’homme qu’on compte le plus mais je connais des femmes qui font la même chose. C’est de l’ironie totale car je ne suis pas du tout féministe, j’aime bien être entourée d’hommes car cela me rend ma place de femme et c’est là que je me sens plus féminine, j’ai l’impression de n’être toujours pas finie comme femme ; quand je suis entourée de plein de nanas, j’ai l’impression qu’il me manque un truc et finalement avec les hommes, je ressens ce truc qui fait de moi une femme et une femme qui se bat, qui est indépendante, qui travaille et qui a pratiquement le même statut qu’un homme dans ma vie de tous les jours et c’est le quotidien de beaucoup de femmes.

Music, le troisième single donne son nom à l’album. La musique pour toi est un métier, une passion et une vocation ; comment est-elle née ?

Je pense que cela remonte à quand mon père jouait de la musique une fois par mois avec ses frères à la maison, je le regardais monter le matériel, j’essayais d’attraper le micro, j’ai l’impression d’avoir baigné la dedans avant tout.

Par la suite, je dirais que c’est le fait d’avoir entendu pour la première fois l’harmonica dont jouait l’un de mes cousins, j’ai eu des frissons, j’avais huit ans et demi, je ne saurais expliquer cela, il n’y avait pas de paroles, juste de la musique mais j’avais une vibration qui a fait peur à mon père.

C’est une vocation que je n’estime pas avoir choisi, c’était vraiment vibrant en moi.

Dès le lendemain, j’ai décidé d’écrire un texte sur La Martinique et sur les vacances que nous passions la bas, mon père a rigolé quand je lui ai chanté et finalement, je crois que ça ne m’a jamais quitté.

Tout le monde me dit dans ma famille qu’il ne voit pas ce que j’aurais pu faire d’autre, c’est une sorte de compliment mais en même temps, il a fallu que je saigne pour réussir à obtenir cette vérité, j’avais envie que l’on dise ça de moi depuis toute petite, c’est une chanteuse et même quand j’étais serveuse, je chantais tout le temps, c’était ma façon de vivre.

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Louisy Joseph sur scène, à quoi cela ressemble-t-il ?

On écoute les albums et on imagine qu’au niveau énergie je n’en manque pas, que je déborde de partout (rires), il n’y a pas de chorégraphies millimétrées, on est sorti du carcan dans lequel les L5 évoluaient. J’ai envie de dire que parfois il y a la place pour cela mais je n’ai plus l’âge de préparer ce genre de chorégraphies à cinq. Aujourd’hui, c’est moi qui donne le ton de la chorégraphie, c’est moi qui évolue sur scène avec mes musiciens et je pense que la connivence existe ; quand on choisi des musiciens, il faut choisir le talent mais également une famille avec laquelle on va partir sur les routes. Quand on monte sur scène, on a vraiment l’impression d’inviter les gens chez nous et non l’inverse, d’aller chez eux et de s’excuser d’ouvrir la porte. Mya Frye m’avait dit si tu veux frimer, c’est now et quand on maîtrise son art, on ne frime pas, on se laisse aller et on lâche totalement prise.

Tu as participé à l’aventure Danse Avec Les Stars en 2014, quel enseignement en gardes-tu ?

Ca rejoint ce que je disais, le ridicule ne tue pas. Apprendre, accepter d’apprendre même si cela n’a pas fait de moi la meilleure danseuse latine mais j’ai beaucoup de tendresse pour mon parcours. Je ne voulais pas me voir pendant l’émission, les primes étaient passés et je n’avais pas besoin de me regarder à la télé et finalement il n’y a pas longtemps, je suis tombée sur des vidéos et je me suis dit oh la la j’ai fait ça comme si j’étais détachée de ce personnage qui apprenait à danser. On ne peut pas frimer car ce n’est pas son art et tout repose sur la sincérité, le corps a une espèce de vérité, on ne peut pas faire les mouvements à moitié et ça exprime beaucoup de choses et en même temps ce qu’on ne veut pas dire se voit aussi. Le corps est autodidacte de ce côté là. Quand j’ai fait cette danse contemporaine pour ma mère, il y avait un vrai trouble en moi, j’étais vraiment bousculée, je voulais être comme tout le monde et partager ce moment intime mais je me disais est-ce que j’en parle ou pas, je n’avais pas envie que tout le monde sache la vérité et finalement lâcher prise à ce moment là donne des spectacles hallucinants. Tout le monde m’a dit que ce prime était génial et je me suis dit qu’il fallait que je le regarde et que j’accepte de me regarder, je crois que je suis longtemps restée perplexe. J’ai été élevée avec les L5 dans le contrôle, tout ce qu’on faisait était dans le contrôle, le sourire, les interviews,…et maintenant je me suis rendue compte que j’étais seule à faire cette carrière et qu’il fallait que j’assume ce qu’il y a de bien et de pas bien, il faut que je remplisse ce contrat que j’ai avec moi, je n’ai pas le droit de vouloir que les gens disent de moi que je suis ça alors que je ne leur donne que la moitié, il faut que je sois complètement libérée et cette aventure m’a vraiment appris des tas de choses sur ma façon de ne pas accepter la défaite, cet esprit de compétition que j’ai en moi, de toujours faire le soldat et j’ai compris des tas de choses sur cette fragilité qui fait partie de moi et que je n’ose pas montrer.

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Le grand public t’a découverte dans l’aventure Popstars puis L5, quel souvenir en gardes-tu ?

J’ai plein de souvenirs de cette époque, que ce soit mon amitié avec Coralie, des souvenirs avec Mya ou avec la maquilleuse avec qui je travaille toujours aujourd’hui et qui m’a connue j’ai envie de dire toute petite, c’est très drôle. J’ai beaucoup de reconnaissance pour cette partie de ma vie que j’ai fait avec les filles parce que j’ai tout appris de manière concentrée.

Quand j’ai fait ce casting, je me sentais super prête même à être une chanteuse solo mais il suffit de se retrouver avec cette tonne de travail et ces responsabilités face au public pour apprécier d’être en groupe. Les unes avec les autres, nous arrivions à faire corps quand l’une de nous n’était pas bien et nous étions solidaires. J’ai fait tout mon cursus scolaire du BEP à la licence dans les L5, j’ai été préparée à cette carrière que je vis aujourd’hui. On a eu la chance d’être cinq et d’apprendre chacune notre métier, nous ne savions pas tout faire mais nous avons été choisis car nous étions celles qui étions les plus à même d’apprendre. Nous ne nous connaissions pas, on a appris très vite sur qui on pouvait compter, on savait quelle place chacune avait dans le groupe et c’est pour cela qu’il a duré si longtemps, nous avions chacune une facette importante à donner au groupe. Une fois qu’on nous a rendu nos contrats, le fait de se retrouver seule était plus compliqué mais nous avons toutes eu le même carnet d’adresses et nous étions toutes à même de créer notre propre univers.

Ta carrière solo a débuté en 2008 avec le tube Assis Par Terre, cette volonté de t’exprimer seule était-elle présente depuis longtemps ?

J’ai toujours dit aux filles de manière assez libre, authentique et honnête que je n’avais jamais rêvé d’être en groupe mais du moment où nous nous sommes retrouvées ensemble, je n’ai trouvé que des évidences à cette unification et c’était du bonheur de continuer à apprendre mon métier quand même car je n’étais pas si prête à faire une carrière solo. Pour revenir à ta question, depuis le début oui je me sentais capable de faire une carrière solo mais il s’est avéré qu’il a valu que j’apprenne beaucoup en étant dans le groupe. C’est difficile de laisser le flambeau à quelqu’un quand on a commencé les trois premières phrases d’une chanson, ça me donne des frissons d’imaginer cela et pourtant il a fallu que j’apprenne à le faire avec les filles pour pouvoir faire une chanson toute seule du début jusqu’à la fin, il a fallu partager tout comme le succès afin de savoir ce qu’on va en faire toute seule au final.

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Tu as enregistré un duo avec Jason Derulo puis repris Maldon avec La Tropical Family, quelles envies de duo seraient des désirs artistiques ?

Je viens d’en enregistrer un que j’adore pour Music avec Joey Starr et Nathy Boss, le titre s’intitule Peace A Tah. Je pense que je n’ai jamais été aussi comblée par une collaboration, c’est un featuring qui m’a fait halluciner. Joey Starr m’a dit c’est donnant-donnant, nous on a fait un truc sur ton album alors tu viens faire un truc pour nous, j’ai vraiment adoré cet état d’esprit car c’est comme cela que j’imagine qu’un featuring se fait. On aime un artiste pour sa musique, peut-être pour sa personnalité si on le connaît un peu plus mais le fait de partager quelque chose avec lui sur sa musique, c’est un vrai bonheur. Peut-être ai-je encore des désirs inassouvis avec des chanteurs avec qui j’aimerais partager la scène, qui ne rêve pas en tant qu’artiste de chanter avec Johnny, moi j’adorerais ça ! J’ai déjà interprété l’un de ses titres devant lui et je dois dire que rares sont les fois où je me suis sentie aussi fébrile.

Quel titre de ta discographie te résumerait le mieux ?

Je dirais que sur mon nouvel album c’est le titre Religion et en général, c’est le titre Chante parce que je crois que c’est la première fois que les paroles d’une chanson étaient en moi depuis longtemps, j’ai l’impression que j’ai besoin de chanter parce que c’est tout ce que j’ai et que cela m’a sauvée de nombreuses fois, ça a donné un cadre à ma vie et ça m’a donné une vraie position de challenger, j’essaye d’aller toujours plus loin grâce à la chanson. Chante est une titre qui me caractérise par ses paroles parce que c’est toute ma life ! (rires).

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En 2013, tu chantais le prix à payer, quel est-il pour être une artiste accomplie et heureuse ?

Un but, un rêve, un prix à payer. Quand j’ai écris ces paroles là, j’avais totalement conscience de ce que ça voulait dire. Je pense que j’ai commencé ma carrière artistique à l’âge de douze ans, ça ne veut rien dire mais dans ma vie à cet âge là, j’étais persuadée qu’il fallait que j’œuvre dans ce sens. Il a fallu que je prépare le terrain depuis longtemps, je me suis dévouée à cela toute ma vie mais malheureusement on perd beaucoup d’amis, cela nous rend seul et solitaire et on acquiert un côté un peu marginal. Le prix à payer est que les moments de bonheur sont très rares mais parfois ils durent 3 minutes 35, le temps de monter sur scène et de chanter sa chanson.

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