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Rencontre avec le comédien François Feroleto afin d'en apprendre plus sur la pièce « Trahisons » !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Yannick Debain

Photo Yannick Debain

Qui incarnes-tu dans « Trahisons » ?

J’incarne Robert le mari d’Emma et le meilleur ami de Jerry. Je dirais que Robert a une grande maitrise de lui-même et beaucoup de sang-froid. Il est désillusionné sur la vie, sur ce qui lui est  arrivé, sur comment les choses se passent car ce n’est pas exactement ça qu’il avait rêvé ou imaginé plus jeune. Je pense que c’est quelqu’un de très intelligent, de cultivé et organisé dans sa vie  professionnelle.Robert a de grandes qualités mais c’est un homme malheureux. 

Comment présenterais-tu le couple que tu formes avec Emma ?  

Robert et Emma ont été un couple très aimant et très amoureux. Ils ont eu un premier enfant puis un  deuxième mais la vie a fait qu’ils se sont un peu éloignés l’un de l’autre. Quelque chose s’est effiloché entre eux et ils ne la récupèreront pas.  

Photo Alexandre Icovic

Photo Alexandre Icovic

Quels sont les liens qui unissent Robert et Jerry ?

Ce sont des liens très fraternels et amicaux. Il y a une amitié très forte entre eux et d’ailleurs, il y a une vraie ambiguïté amoureuse comme souvent dans les amitiés très fusionnelles. Ce sont les deux mêmes premières lettres, amitié et amour et il y a toujours une petite frontière qui fait que les amitiés très fortes comme celle-ci ont une ambigüité amoureuse. 

Par quoi as-tu été séduit en premier lieu dans « Trahisons » ?  

Avant tout, cela a été le fait de retravailler avec Christophe Gand avec qui j’avais tourné deux courts-métrages dont un que nous venons de tourner et qui sera diffusé prochainement. J’aime travailler avec Christophe que j’apprécie beaucoup et « Trahisons » est l’occasion d’une première collaboration théâtrale entre nous. Ceci dit, Harold Pinter est un auteur que j’aime beaucoup, il a une écriture très personnelle, un univers très fort. Et il y a des années de cela Michel Bouquet m’avait conseillé de jouer du Pinter, j’ai donc enfin suivi les conseils du maître. J’ai été séduit par la  manière absolument diabolique dont est construite la pièce avec cette chronologie inversée et ces  choses que nous découvrons au fur et à mesure.

Photo Alexandre Icovic

Photo Alexandre Icovic

Ton personnage est celui qui est trompé par les deux autres mais Robert est-il réellement une  victime ?

Je pense que Robert est une victime au moment de la découverte à Venise de ce qui s’est passé entre son meilleur ami et sa femme. Robert reçoit un coup de poing dans le ventre, c’est quelque chose de douloureux et de violent sur le moment mais ensuite, Robert n’est pas une victime et il semblerait  qu’il ait visiblement eu lui aussi des aventures. Robert réserve une petite vengeance à son ami Jerry.  

Quelle scène serait pour toi clé dans « Trahisons » ?

J’ai envie de dire que la scène de Venise est la scène de la bascule. Cette scène est celle où Robert découvre la liaison d’Emma et Jerry, cette scène oblige Emma à avouer et cela déclenche le mensonge dans le sens où Robert n’en parlera pas à Jerry. Pour moi, il y a vraiment un avant et un après Venise dans la pièce.  

Quelle serait la force de la pièce selon toi ? 

Je dirais le fait que chacun s’est retrouvé à un moment donné et à des degrés divers en position de mentir ou de trahir et les personnages ne sont pas tout à fait sur la ligne de ce qu’ils avaient rêvé plus jeunes et à un moment, ils se trahissent eux-mêmes. La vie nous impose de faire des concessions et en cela, la pièce est universelle car chacun peut s’y retrouver.  

Photo Alexandre Icovic

Photo Alexandre Icovic

Toi qui joues au théâtre, à la télé et au cinéma ; si tu devais choisir entre les trois, que garderais-tu ?

Impossible de répondre à cette question, c’est un choix Cornélien. J’ai tendance à penser que le théâtre est la base du métier de comédien. La plupart des comédiens que je voyais dans des films et qui m’ont donné envie de faire ce métier sont des gens issus du théâtre, je pense à Gérard Depardieu et Patrick Dewaere en France, à Vittorio Gassman et Marcello Mastroianni en Italie, à Albert Finney et Antony Hopkins en Angleterre, à Marlon Brando et Al Pacino aux Etats-Unis...Je crois qu’il faut se retourner vers le théâtre régulièrement pour s’y confronter de nouveau mais je prends un grand plaisir à tourner que ce soit pour la télévision ou pour le cinéma. Le moment où le silence est demandé sur un plateau, où le moteur est annoncé, où ça tourne, le plaisir du jeu avec la caméra sont des choses que j’aime beaucoup.  

Quels seraient à ce jour tes plus beaux souvenirs liés à ton métier ?  

J’en ai plusieurs. Je parlerais du film « 38 Témoins » qui a été réalisé par Lucas Belvaux. J’y jouais l’un  des rôles principaux notamment aux côtés d’Yvan Attal et Nicole Garcia. J’adore ce film, noir et  sombre. J’en ai un souvenir très fort tout comme ma rencontre avec ce grand réalisateur. Pour le  théâtre, je dirais la pièce « A Torts et A Raisons » dans laquelle j’ai joué de 1999 à 2001 avec Claude  Brasseur et Michel Bouquet dans une mise en scène signée Marcel Bluwal. Pour la petite histoire,  l’auteur Anglais Ronald Harwood était un ami très proche d’Harold Pinter qui avait d’ailleurs mis en scène cette pièce à Londres. Nous avons joué cette pièce à guichet fermé durant 500  représentations, la presse était unanime, il y avait de grands acteurs sur le plateau, j’étais deux heures sur scène et cela a été de belles rencontres humaines. J’ai évidemment plein d’autres beaux  souvenirs.

Photo Yannick Debain

Photo Yannick Debain

Aimerais-tu écrire, réaliser ou mettre en scène à l’avenir ?  

Ce sont des choses autour desquelles j’ai un peu tourné quand j’étais plus jeune mais non, je ne pense pas. L’écriture serait peut-être celle qui me conviendrait le mieux. J’avais un projet dans ce sens avec un réalisateur pour le cinéma mais cela n’a pas abouti faute de temps. C’est quelque chose que je pourrais faire avec quelqu’un mais pas tout seul. 

Comment inviterais-tu nos lecteurs à venir découvrir « Trahisons » ?

En tant que spectateur, je pense que c’est un spectacle très jouissif à regarder dans le sens où l’on a assez vite les clés de beaucoup de choses dès les premières scènes et on va les voir se dérouler  puisque l’on remonte chronologiquement dans le temps. Le spectateur a souvent un coup d’avance.

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